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SAVANTS I)U DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
« En 1(’>57, ilii l’auteur de la 17c de Iluygcns, qui accompagne l’éditionlatine de ses œuvres, Huygens , en appliquant le pendule aux horloges,apprit le premier aux hommes la mesure exacte du temps. Assurémentavant lui les astronomes avaient fait usage du pendule pour mesurerle temps: mais, pour évaluer.les petits intervalles, ce qui leur manquait,et ce qu’ils faisaient en sorte de trouver, c’était un pendule pouvant per-sévérer très-longtemps dans son mouvement d’oscillation. Huygens , parle moyen des horloges mêmes, communiqua aux pendules une sorte demouvement; car ces horloges sont mues par des poids qu’on peut éleverà volonté, sans que leur action sur le rouage cesse d'être sensiblement lamême (1). » .
Expliquons ce que peut avoir d’obscur cette proposition del'auteur qui nous sert de guide.
Déjà Galilée avait songé à tirer parti des oscillations dupendule pour diviser le temps en parties égales, et il avait pres-senti toute l’importance de l’application du pendule aux hor-loges ; mais il n’avait fait qu’émettre cette idée sans l’appliquer.Pour compter la durée du temps dans les phénomènes célestesqu'ils voulaient observer, les anciens astronomes mettaient enmouvement un pendule simple, et ils étaient obligés, jusqu’à lafin du phénomène, de compter péniblement les oscillations desa tige. Si le phénomène était d’une longue durée, le pendules’arrêtait, et il fallait qu'une personne, attentive à ranimer lemouvement d’oscillation, donnât à l’instrument une nouvelleimpulsion, ce qui ne se faisait pas toujours sans qu’il en résultâtquelque petite irrégularité. L'application du pendule à unehorloge à poids et à roues remédiait, d’une manière très-simple,à ce double inconvénient; mais il fallait inventer une disposi-tion mécanique qui entretînt d’une manière non interrompueles oscillations du pendule. Tel fut l’objet capital que Huygens réalisa, par son admirable invention de T échappement , qui as-sure la marche longue et régulière du pendule d’une horloge,et donne le mojflen de mesurer, sans ennui, sans fatigue etd’une manière automatique, comme on dit aujourd’hui, lesmoindres intervalles de temps. L’invention de l’échappement
(1) « Anno 1657 primus mortalium tempus exactissiuie mensuravit, pendula dumhorologiis applicavit. Ante ilium Astronoini adliibitis pendulis tempus quidem mensu-rabant, scd ad exigua intervalla, ciun pendula talia homine indigerent qui curaretut in motu perseverarent. Ipse autem ope horologiorum perpctuum quasi pendulismotum communicavit, ponderibus enim borologia agitabantur, quæ, non mutataactione in borologia, elevari poterant. » (llugenii vita.)