HUYGENS
33.',
sa vitesse acquise, de telle manière qu’à la fin de la vibrationson centre de gravité se trouvera à une hauteur égale à celled’où il était parti. » L’abbé Catelan trouvait, dans ce principe,une impossibilité analytique, d’où il concluait que le traitéd’Huygens n’était, d’un bout à l’autre, qu’une erreur conti-nuelle. Jacques Bernouilli et le marquis de l’Hôpital entrèrentdans le débat, et prirent naturellement parti pour Huygens.Catelan, qui croyait avoir ruiné de fond en comble la théorie dugéomètre hollandais, eut l’imprudence de vouloir en proposerune nouvelle. Il n’avait pas même senti les difficultés mathé-matiques de la question. Il s’était fondé sur deux principes ra-dicalement faux, d’où il résultait qu’un corps détaché d’unpendule en vibration devrait remonter plus haut que le pointd’où il était descendu, ce qui serait absurde. On le lui prouva.L’abbé reconnut à la fin son erreur, et se rendit, après unelongue résistance.
Huygens eut aussi une discussion sur les principes de la ma-nœuvre des vaisseaux, avec le chevalier Renau d’Eliçagaray,l’inventeur des galiotes à bombes. Mais cette fois, des deuxcôtés, le débat fut calme et plein d’urbanité. Si, au point devue de la science et de l’art, elle ne fut pas d’une grande im-portance, elle servit du moins à montrer au monde savant que,dans une polémique, même très-animée, la raison peut se pro-duire Sous des formes élégantes et polies, sans rien perdre pourcela de sa force ou de son autorité.
L’application que Huygens fit de son ressort spiral aux hor-loges portatives, en d’autres termes, l’invention des montres, serapporte à cette période. Cette découverte fondamentale futrevendiquée par un savant anglais , le docteur Hooke, mais ilest prouvé que la première montre à ressort spiral, fut cons-truite à Paris , en 1674, par Thuret, habile horloger, et quecette montre passa ensuite en Angleterre.
A partir de 1675, Huygens s’occupa de physique et princi-palement d’optique. On peut en juger par les mémoires qu’ilenvoyait à la Société royale de Londres , et par ceux qu’il lisaità l’Académie des sciences de Paris, sur les propriétés de la lu-mière et sur la cause de la pesanteur. On a trouvé aussi de lui,dans les registres de l’Académie à cette époque, un traitéinédit sur l'Aimant. Dans ce traité, il considère la terre