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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

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quil passait tout de suite à un autre objet, annonçant dailleurs, souventd'après des idées incomplètes et peu réfléchies, des choses quil eût euqrand peine à réaliser (1). »

Huygens eut un autre démêlé avec ce même abbé: il sagis-sait dune machine motrice destinée à élever les eaux à Ver­ sailles . Huygens avait eu lidée dappliquer la poudre à canonà produire un effet mécanique, et il avait construit un nouveaumoteur qui tirait ses effets de lexplosion de la poudre enflam-mée dans un corps de pompe parcouru par un piston. Labbé deHautefeuille revendiqua la priorité de cette idée; mais la ma-chine quil avait proposée pour mettre ce plan à exécution,était des plus grossières.

Huygens, disons-nous, se servait dun corps de pompe par-couru par un piston, sous lequel il faisait brûler de la poudre.Nous verrons, dans la vie de Papin , que cette machine à poudreétait le germe de la machine à vapeur. Denis Papin travaillait,à cette époque, avec Huygens, à la Bibliothèque du roi; etcest en faisant fonctionner cette machine quil eut lidée delemploi de la vapeur comme force motrice. Comme il étaitimpossible, par la seule détonation de la poudre, de chasser en-tièrement lair contenu dans le cylindre, les effets mécaniquesproduits étaient trop faibles. C'est alors que, réfléchissant surles agents qui pourraient remplacer la poudre à canon commemoyen de faire le vide dans un corps de pompe, Papin eutlidée demployer la vapeur deau à cet usage. De cette idéedevait sortir, nous le répétons, la machine à vapeur mo-derne.

Huygens eut aussi à soutenir dautres discussions contre desgéomètres qui attaquaient sa théorie des centres doscillations.Cette théorie jouissait depuis longtemps de lapprobation géné-rale des mathématiciens, lorsque l'abbé de Catelan savisa dela contredire. Il prétendait que la proposition sur laquelle Huy-gens l'avait établie, était radicalement fausse, et il essaya de leprouver. Cette proposition était la suivante : « Si, à la fin dunedemi-vibration, chaque poids, dans le pendule, vient à se déta-cher, il sélèvera dans la seconde moitié de larc, en vertu de

(1) Histoire des mathe'matviues, partie IV e .