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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE
objet de l'élévation des eaux à une hauteur de trente pieds(9 m. 745); elle devait constituer un moteur susceptible derecevoir toutes les applications industrielles.
L’appareil de Iluygens consistait en un cylindre métalliqueparcouru par un piston ; une corde enroulée sur une poulie, etsupportant le poids qu’il s’agit d’élever, était attachée à cepiston. Au bas du cylindre était une petite boîte destinée àrecevoir la poudre. Deux poches de cuir, garnies de soupapesjouant de dedans en dehors, donnaient issue à l’air dilaté etaux produits gazeux de l’explosion de la poudre.
« On met, dit Huygens, dans la boîte un peu de poudre à canon,avec un petit bout de mèche d’Allemagne allumée, et l'on serre bien cetteboîte par le moyen de sa vis. La poudre, venant un moment après às’allumer, remplit le cylindre de llamme et en chasse l’air par les tuyauxde cuir, qui s’étendent et qui sont aussitôt refermés par l’air du de-hors, de sorte que le cylindre demeure vide d'air, ou du moins pour laplus grande partie. Ensuite le piston est forcé, par la pression de l’airqui pèse dessus, à descendre, et il tire ainsi la corde, et ce à quoi onl’a voulu attacher. La quantité de cette pression est connue et déter-minée par la pesanteur de l’air et par la grandeur du diamètre du piston,qui, étant d’un pied, sera pressé autant (pic s’il portait le poids d’environmille huit cent livres (b71 k., 1), supposé que le cylindre fût tout à faitvide d’air (1). »
Papin connaissait depuis longtemps cette machine, car ilavait, comme nous l’avons dit, secondé Huygens dans sa cons-truction, pendant qu’il logeait avec lui à la Bibliothèque du roi.Mais il avait reconnu dans ses dispositions divers inconvé-nients, et il voulait seulement, dans la construction nouvellequ’il proposait et qu’il soumit à l’examen de ses collègues, lesprofesseurs de l'Université de Marbourg , en perfectionner lemécanisme. Les changements qu'il apportait à l’appareil deHuygens ont d’ailleurs trop peu d’importance pour les signalerici.
Cependant il était facile de deviner que les effets méca-niques provoqués par ce moyen ne présenteraient qu’une puis-sance médiocre, parce qu’il était impossible, par la seule déto-nation de la poudre, de chasser entièrement l’air contenu dans
(1) Nouvelle fora mouvante par le moyen de la poudre à canon et de l’air , parHuygens de Zulichem (Divers ouvrages de mathématiques et de physique , par Messieursde la Société royale des sciences, p. 320).