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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE
faits antérieurement, pour perfectionner la machine à poudreinventée par Huygens, ensuite il expose l’idée qui lui est venuede remplacer les produits de l’explosion de la poudre par lavapeur d'eau, provoquée en chauffant une certaine quantitéd’eau placée au bas du corps de pompe. Enfin il expose lesavantages que doit présenter ce mécanisme nouveau.
« Dans la machine destinée au nouvel usage que l'on voulait faire dela poudre à canon, et dont la description se trouve dans les Actes desérudits du mois de septembre 1(388, on désirait surtout, dit Papin, que lapoudre allumée dans la partie inférieure du tube remplît de flamme sacapacité entière, pour que l’airen fût complètement chassé, et que le tubeplacé au-dessous du piston restât tout à fait vide d'air. On a dit alors quele résultat n’avait pas été satisfaisant, et (pie, malgré toutes les précau-tions dont on a parlé, il était toujours resté dans le tube environ la cin-quième partie de l’air qu’il peut contenir. De là deux inconvénients :1° on n’obtient que la moitié de l'effet désiré, et l’on n’élève qu’à la hau-teur d’un pied qu'un poids de cent cinquante livres (711 k., 425), au lieude trois cents ,146 h., 850) qui auraient dû être élevées si le tube avaitété parfaitement vide; 2° à mesure que le piston descend, la force qui lepresse du haut en bas diminue graduellement, comme on l’a observe aum^me endroit. Il est donc indispensable que nous tentions, par un moyenquelconque, de diminuer la résistance dans la même proportion que laforce motrice diminue elle-même, pour que cette force motrice la sur-passe jusqu'à la tin. C'est ainsi que dans les horloges portatives (lesmontres) on ménage avec art la force inégale du ressort (pii meut toutle système, afin (pie pendant tout le temps il puisse vaincre avec uneégale facilité la résistance des roues. Mais il serait bien plus commodeejicore d’avoir une force motrice toujours égale depuis le commencementjusqu’à la fin. On a donc fait dans ce but quelques essais pour obtenirun vide parfait à l’aide de la poudre à canon; car, par ce moyen, commeil n'y aurait plus d’air pour résisterai! piston, toute la colonne atmosphé-rique supérieure pousserait ce piston jusqu’au fond du tube avec une forceuniforme. Mais jusqu’à ce moment toutes les tentatives ont été infruc-tueuses, et après l'extinction de la poudre enflammée il est toujoursresté dans le tube environ la cinquième partie de l'air. J’ai donc essayéde parvenir par une autre route au même résultat, et comme, par une pro-priété qui est naturelle à l’eau, une petite quantité de ce liquide, réduiteen vapeur par l’action de la chaleur, acquiert une force élastique sem-blable à celle de l’air, et revient ensuite à l’état liquide par le refroidisse-ment, sans conserver la moindre apparence de sa force élastique, j’ai étéporté à croire que l’on pourrait construire des machines où l’eau, par lemoyen d’une chaleur modérée, et sans frais considérables, produirait levide parfait que l’on ne pouvait pas obtenir à l'aide de la poudre à canon.Parmi les différentes constructions que l’on peut imaginer à cet effet,voici celle qui m’a paru la plus commode (1).
(1) Le mémoire de Papin est accompagné d'une figure représentant le cylindre àvapeur et son piston, ainsi que la petite verge de fer qui est poussée dans un cran,pour retenir le piston.