PAPIX
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A est un tube d’un diamètre partout égal, exactement fermé dans sapartie inférieure: B est un piston adapté à ce tube; II, un manche, outige, fixé au piston ; Eli une verge de fer qui se meut horizontalementautour de son axe : un ressort presse la verge de fer EH, de manière àla pousser nécessairement dans l’ouverture H aussitôt que le piston etsa tige sont élevés à une hauteur telle (pie l’ouverture soit au-dessus ducouvercle; C est un petit trou pratiqué dans le piston, par lequel l’eaupeut sortir du fond du tube A lorsqu'on enfonce, pour la première fois,le piston dans ce tube.
« Voici quel est l’usage de cet instrument : on verse dans le tube Aune petite quantité d’eau, à la hauteur de trois ou quatre lignes (0 m ,00(57ou 0 m ,009), puis on introduit le pistou, et on le pousse jusqu'au fond jus-qu’à ce qu’une partie de l’eau versée sorte par le trou C; alors ce trouest fortement bouché par la verge M; on place ensuite le couvercle oùsont pratiquées les ouvertures nécessaires. Au moyen d’un feu modéré,le tube A qui est en métal très-mince, s’échauffe bientôt et l’eau changéeen vapeur exerce une pression assez forte pour vaincre le poids de l’at-mosphère, et pousser en haut le piston B jusqu’au moment où le trou Hde la tige du piston s’élève au-dessus du couvercle; alors on entend lebruit de la verge EH, poussée dans l’ouverture II parle ressort. Il faut,dans ce moment, ôter aussitôt le feu, et les vapeurs renfermées dans letube à minces parois se résolvent bientôt en eau par l'action du froid, etlaissent le tube parfaitement vide d’air. On retire ensuite la verge EU del’ouverture II, ce qui permet à la tige de redescendre; aussitôt le pis-ton B éprouve la pression de tout le poids de l’atmosphère, qui produitavec d’autant plus de force ce mouvement désiré que le diamètre du tubeest plus grand. On ne peut douter que le poids de la colonne atmosphé-rique ne soit mis tout entier à prolit dans des tubes de cette espèce. J’aireconnu, par expérience, que le piston élevé par la chaleur au haut dutube redescendait peu après jusqu’au fond, et cela à plusieurs reprises,en sorte que l’on ne peut supposer l’existence de la plus petite quantitéd’air qui resterait dans le fond du tube; or mon tube, dont le diamètren'excède pas deux doigts, élève cependant un poids de soixantes livres(29 k., 370) avec la même vitesse que le piston descend dans le tube, etle tube lui-même pèse à peine cinq onces (142 gr.). Je suis donc con-vaincu qu’on pourrait faire des tubes pesant au plus quarante livres cha-cun (19 k. 590), et qui cependant pourraient à chaque mouvement éleverà quatre pieds (l'",299) de haut un poids de deux mille livres (979 k.).J’ai éprouvé, d’ailleurs, (pie l’espace d’une minute suffit pour qu’avec unfeu modéré le piston soit porté jusqu’au haut de mon tube; et comme lefeu doit être proportionné au diamètre des tubes, de très-grands tubespourraient être échauffés presque aussi vite que des petits : on voitclairement par là quelles immenses forces motrices on peut obtenir aumoyen d’un procédé si simple, et à quel bas prix. On sait en effet que lacolonne d’air pesant sur un tube d’un pied (O 111 ,32) de diamètre égale àpeu près deux mille livres; que si le diamètre est de deux pieds (0 m ,65),ce poids sera environ de huit mille livres (3,910 k.), et que la pressionaugmentera, ainsi de suite, en raison des diamètres. Il suit de là que lefeu d'un fourneau qui aurait un peu plus de deux pieds (0"',65; de dia-mètre) suffirait pour élever à chaque minute huit mille livres (3,916 k.)pesantà une hauteur de quatrepieds (l m ,299) si l’on avait plusieurs tubesde cette hauteur, car le feu, renfermé dans un fourneau de fer un peu