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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE
Fukla et de la AVera, qui, se réunissant en ce point, formentle AVeser. Papin comptait continuer sa route sur ce fleuve, etarriver ainsi à Brême , près de l’embouchure du Weser dansla mer du Nord . Là, il se serait embarqué sur un vaisseau, quil’aurait conduit à Londres , en remorquant son petit bateau.Mais les bateliers de Weser , dont l'association, connue sous lenom de ghilde, remontait à une époque fort ancienne, avaient,au nombre de leurs privilèges, le droit d’arrêter et même deconfisquer les embarcations qui navigueraient dans leurs eauxsans leur permission, ou sans une autorisation de l’Electeur deHanovre. Ils usèrent envers le malheureux Papin de ce droitdans toute sa rigueur; car, rîialgré ses réclamations, appuyéesdes supplications du bailli Zeuner, ils s’emparèrent du bateaude Papin, le tirèrent sur le rivage, et finalement, le mirent enpièces.
Ce fait singulier, et qui marque un si désastreux épisodedans la vie de notre philosophe, n’avait été jusque dans cesderniers temps, appuyé que de preuves peu nombreuses. Te]est, par exemple, ce passage d’une lettre de Leibnitz , en date du20 octobre 1707, et adressée par lui à un certain Hattenbach :** Le pauvre Papin a été obligé de laisser son bateau à Alünden,n’ayant jamais pu obtenir de l’amener. « Mais ce fait a été éclairéd’une lumière complète par la découverte des procès-verbauxde l’événement, rédigés au bailliage de Münden, lors de l’ar-rivée de Papin et de son bateau dans les eaux du AVeser.
Ces procès-verbaux, extraits du greffe de la juridiction deMünden, ont été publiés, par AL Eiyfeld, assesseur de lajuridiction de cette ville, dans la Revue de la Société histo-rique de la lasse Saxe ''année 1850, pages 294-299). Cespièces sont allemandes, mais un de nos érudits, qui s’est con-sacré avec un très-grand zèle à l’éclaircissement des pointsrestés obscurs de l’histoire de Denis Papin , en a pris textepour recomposer le récit authentique de l’événement quinous occupe. Dans une lecture faite en 1865, à la réunionannuelle des Sociétés savantes à la Sorbonne (section d’his-toire), M. de la Saussaye, recteur de l’Académie de Lyon, adonné lecture Km Mémoire sur les expériences de navigationpar la vapeur en 1707, dans lequel se trouve parfaitementexpliqué, grâce aux procès-verbaux publiés en Allemagne par