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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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Pour mettre le temps à profit, il continuait les essais de sonbateau. La lettre suivante, adressée à Leibnitz et datée du15 septembre, montre que les résultats quil obtenait étaientde nature à lencourager.

« Lexpérience de mon bateau a été faite, et elle a réussi de la manièreque je l'espérais: la force du courant de la rivière était si peu de choseen comparaison de la force de mes rames, quon avait de la peine à recon-naître quil allât plus vite en descendant qu'en montant. Monseigneur eutla bonté de me témoigner la satisfaction davoir vu un si bon effet, et jesuis persuadé que si Dieu me fait la grâce darriver heureusement àLondres , et dy faire des vaisseaux de cette construction qui aient assezde profondeur pour appliquer la machine à feu à donner le mouvementaux rames, je suis persuadé, dis-je, ([ue nous pourrons produire des effetsqui paraîtront incroyables à ceux qui ne les auront pas vus. »

Mais il nétait pas dans sa destinée de voir ce grand projetsaccomplir. La lettre que nous venons de citer contient lejiosl-scriptum suivant, indice précurseur du mécompte quilattendait.

« Je viens de recevoir une lettre de Miinden, d'une personne qui aparlé au bailli pour la permission de passer mon bateau dans le Wéser .KUe a eu pour réponse que cest une chose impossible; que les bateliersne le veulent plus, parce qu'ils ont payé une amende de cent écus, et quela permission de Son Altesse électorale est nécessaire pour cela. Il estvrai (pie quelques bateliers mont dit le contraire, mais dautres aussi ontdit quil fallait une permission de Son Altesse. Je ne puis croire queceux qui mont dit le contraire aient voulu me tromper. Enfin, je mevois en grand danger quaprès tant de peines et de dépenses qui mont étécausées par ce bateau, il faudra que je labandonne, et que le public soitprivé des avantages que jaurais pu, Dieu aidant, lui procurer par cemoyen. Je men consolerai pourtant, voyant quil ny a point de mafaute, car je ne pouvais imaginer quun dessein comme celui- dûtéchouer faute de permission. »

Il était en effet trop pénible de penser quun projet qui avaitcoûté toute une vie de travaux pût échouer devant un si misé-rable obstacle. Cest cependant le triste dénoûment que samauvaise étoile réservait aux efforts de Papin.

Ne recevant pas la permission quil avait demandée à lélec-teur de Hanovre pour entrer dans les eaux du Weser , Papincrut pouvoir passer outre. Le 25 septembre 1707, il sem-barqua à Cassel sur la Fulda , et arriva à Miinden le même jour.

Miinden, ville du Hanovre , est située au confluent de la