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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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(juo j'ai fuit pour la Société royale depuis que j'ai reçu quelque argent,afin (pie vous puissiez mieux juger ce quil est convenable de me donnermaintenant, jai déposé sur ce papier ce que jestime le plus important.Mais, avant tout, je dois vous prier de vous souvenir que vous devezvous mettre à ma place sans restriction, afin que je sois payé selon ceque jai mérité, et ayant déjà dans la tète plus de travail de cette natureque je nen pourrai faire dans le reste de ma vie, jai résolu de négligertous les autres moyens de pourvoir à ma subsistance, étant persuadéquil ne peut y avoir de meilleure occupation que de travailler pour laSociété royale, puisque cest la même chose que de travailler pour le bienpublic. Je vous en prie, Monsieur, permettez-moi dajouter ici que, danslAcadémie royale de Paris , il y a trois pensionnaires pour la mécaniquequi ont chacun un très-bon salaire annuel, et, en outre, quil y a d'ha-biles ouvriers de toutes sortes, payés par le roi, qui sont prêts en touttemps à exécuter tout ce (pie ces pensionnaires commandent. Prenez,s'il vous plaît, les Mémoires de lAcadémie royale des sciences , et voyezce que ces trois pensionnaires font chaque année, et coinparez-le avecce (pie jai fait depuis sept mois; jespère que vous trouverez que jaifait autant quon peut attendre du plus honnête homme avec ma petitecapacité et ma pénurie dargent ;i). »

Il est triste de voir le pauvre proscrit contraint dinvoquerdes secours étrangers pour perfectionner les inventions utilesqui ne cessaient d'occuper les loisirs de ses derniers jours.

« Je propose humblement à la Société royale, écrivait-il le 10 mai 1709,de faire un nouveau fourneau qui épargnera plus de la moitié des com-bustibles. Je ne puis encore dire précisément combien ; mais il est cer-tain'que léconomie sera si considérable quelle fera plus que compenserla dépense nécessaire pour lacquérir... Je désire humblement que laSociété royale me donne 250 francs, et après cela il sera facile dessayerune chose qui peut être utile à la respiration, la végétation, la cui-sine, etc. »

On lit encore dans une lettre adressée à Sloane :

« Certainement, Monsieur, je suis dans une triste position, puisque,même en faisant bien, je soulève des ennemis contre moi; cependant,malgré tout cela, je ne crains rien, parce que je me confie au Dieu tout-puissant. »

La pauvreté et labandon dans lesquels le malheureux philo-sophe traîna le poids de ses derniers jours, devaient lui êtredautant plus douloureux quil était chargé de famille. Cestce qui semble résulter dune réponse quil adressa au comte

(1) Lettres inédites de Papin, publiées par M. Bunsen, professeur de physique àMarbourg .