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SAVANTS DU DIX-SEI'TIEMK SIECLE
Mathias et Ferdinand Tl, ne furent pas plus heureux; ils ne purent ledécider à venir se lixer à Vienne , malgré les avantages et les honneursqu’ils voulaient lui accorder. Van llelmont refusa toutes ces positions,aiin de pouvoir s’adonner tout entier à l’étude de la médecine et au sou-lagement des pauvres souffrants (1). »
Eu 1618 il arriva à Vau Helmont une aventure fort singu-lière, et que tous les partisans de l’alchimie rapportent dansleurs ouvrages, ou invoquent comme la preuve la plus évidentede l’existence de la pierre philosophale. Un adepte de la philo-sophie hermétique lit remettre entre ses mains la véritablepierre philosophale, et Van Helmont , faisant usage, seul et sanstémoin, de cet aroane merveilleux, réussit.à transformer lemercure en or. Voici le fait tel que Van Helmont l'a raconté.
Il se trouvait un jour dans son laboratoire, lorsqu’on lui an-nonça la visite d’un étranger, qui refusait de dire son nom, maisdemandait seulement à être introduit près de lui, pour lui ré-véler un important secret, de l’ordre scientifique. L’inconnu,ayant été admis dans le laboratoire, tira d’un papier une sub-stance, à peine visible, tant elle était petite, et qui ne pesait,en effet, qu’un quart de grain (6 milligrammes). 11 déclara quec’était la pierre philosophale, ajoutant qu’elle était envoyéeà Van Helmont par un adepte, qui, étant parvenu à la décou-verte du secret suprême de la philosophie hermétique, désiraitconvaincre de la réalité de cette découverte l'illustre chimistedont toute l'Europe appréciait le génie.
Après le départ de l'inconnu, Van Helmont exécuta l’expé-rience prescrite. Il chauffa dans un creuset 8 onces de mercure,et projetant sur le métal la poudre enchantée, il retira ducreuset, après le refroidissement, un globule d’or.
On ne peut mettre en doute aujourd’hui, que, grâce à unesupercherie adroite, grâce à quelque intelligence secrète avecles gens de la maison, l'adepte inconnu n’eût réussi à fairemêler, par avance, de l’or dans le mercure ou dans le creusetdont Van Helmont fit usage. Mais il faut convenir que cet évé-nement, tel qu’il dut être raconté par l'auteur de l’expérience,était un argument sérieux à invoquer en faveur de la pierrephilosophale. Van Helmont , le chimiste le plus habile de son
(.1) Mémoire aur Van llelmont , couronne' par l'Académie de médecine de Belgique , en1867.