VAN HELMONT
387
De retour de ses voyages, Van Helmont se retira dans saterre de Vilvorde , à deux lieues de Bruxelles . Il se maria; carle mariage lui paraissait être l'état le plus favorable à l'accom-plissement du dessein, qu'il avait conçu, de changer la face dela médecine. Il épousa une riche héritière, Marguerite vanRanst, fille de Charles van Ranst et d’Élisabeth de Halmale.Il s’alliait ainsi à une des familles les plus puissantes du pays,la famille de Mérode.
« Parmi les huit quartiers de noblesse paternelle qu’il eut à produire,dit M. Cap, figuraient les noms de Van Helmont , de Stassart, de Re-niahne, de Van Ranst , de Vilain et de Mérode. Ce sont les armes de cesancêtres que l’on voit, avec les portraits de J.-B. et de F. Mercure, entête des trois éditions des œuvres de Van Helmont données par son fils,à Amsterdam (1). »
Marguerite van Ranst se montra la plus dévouée des épouses.Van Helmont en eut plusieurs enfants, dont quatre moururentà la fleur de l'âge. L'un de ses fils, François Mercure, baron deVan Helmont , fut l’éditeur des œuvres de son père, et composalui-même quelques ouvrages assez bizarres. Une de ses petitesfilles fut chanoinesse de Sainte-Gertrude, à Nivelles .
Van Helmont passa trente années dans sa solitude seigneu-riale de Vilvorde . Renfermé dans son laboratoire, il employaitla plus grande partie du jour à étudier les propriétés des miné-raux et celles des plantes. Il était sans doute dirigé quelquefoisdans ses recherches par une sorte d’intuition due à l’excès deson tempérament nerveux ; ce qui ne l’empêchait pas de pro-céder presque toujours par l’expérience et par l’observation:c’est ainsi qu’il enrichit la thérapeutique et la chimie d’unefoule de préparations nouvelles et précieuses.
Bientôt la réputation du savant médecin de Vilvorde se pro-pagea dans toute la Belgique , et de là dans les pays étrangers.On voyait tous les jours arriver chez lui quantité de maladesde tous pays, qui venaient le consulter.
« Il refusa, nous dit le docteur Rommelaerc, les fonctions honori-fiques que plusieurs souverains de l’Europe vinrent lui olfrir. L’électeurde Cologne, Ernest de Bavière , l’appela en vain auprès de lui, pour êtreson médecin. L'empereur Rodolphe II , et plus tard ses successeurs,