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SAVANTS DU DIX-SEFHÈME SIECLE
ment suspendue. Ce ne fut que deux ans après la mort de Van Helmont , que l’archevêque de Malines daigna, la demande dela veuve de Van Helmont , mettre un terme légal à cette inqua-lifiable persécution.
C'est pendant la durée de son procès d’hérésie que Van Helmont fit paraître son ouvrage De fehrinm doctrinâ inaudilâ[Nouvelle théorie des fièvres), l’un de ses principaux titres degloire devant la postérité.
a Le génie ( ]c Van Helmont , nous dit le docteur llommelaero, avaitatteint alors toute sa maturité; ses idées y sont exprimées sons uneforme plus claire que dans ses ouvrages précédents; elles y paraissentdégagées des nuages que la lecture de Paracelse avait rendus trop fami-liers au style de ses premiers travaux. A nos yeux, c’est l’ouvrage demédecine pratique le plus important qu’il ait publié. Il y expose, sousune forme très-concise et très-nette, les idées de pathologie et do théra-peutique générales qui découlent de ses doctrines physiologiques. Areuxqui nient l’esprit pratique du médecin flamand et qui l’accusent d’avoirété impuissant à créer, après avoir renversé l'édifice de Galien , nous op-posons le Traité De Febribus comme la meilleure réponse: et nous som-mes convaincu que la lecture attentive de cette œuvre capitale suffiraitpour détruire tous les préjugés qui existent encore au sujet de Van Hel mont .
« C’est, de tous ses ouvrages, celui qui est le mieux rédigé et qui dé-note le plus grand travail. Aussi eut-il un grand retentissement, etmalgré les persécutions et les calomnies de ses confrères, Van Helmont reçut les félicitations d’un grand nombre de médecins étrangers. »
Il est singulier que l’on s’en prit, pour persécuter Van Hel mont , à ses opinions religieuses; car le solitaire de Vilvorde était d’une piété profonde et d’une orthodoxie parfaite. C’estce qu’il témoigna dans tout le cours du procès inique que sesennemis lui avaient suscité.
Pendant son incarcération dans le palais archiépiscopal deMalines , Van Helmont éprouva la plus cruelle douleur qu’uncœur d’homme puisse ressentir. La peste ayant éclaté aux en-virons de Bruxelles , il demanda vainement à sortir de prison,pour porter ses secours aux malades. Ses deux jeunes fils furentatteints de l’épidémie, et ils périrent tous deux entre les mainsde sœurs d’hôpital, sans qu’il fût permis au malheureux pèrede les assister et de les sauver ! Il se résigna pourtant, « lais-sant k Dieu le soin de sa vengeance » [Relinquo domino meovindictam) (1).
(1) Tumulus pestts , p. 875.