Y AN HELMONT
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Nous ne reproduirons pas ici les épisodes nombreux etfastidieux de cette longue procédure, qui n’était que l’expres-sion de la haine des péripatéticiens et des galénistes contrele novateur qui prétendait révolutionner la médecine de sontemps.
Comment se termina le procès? C’est ce que l'on ignore en-core aujourd’hui. Ce qui paraît certain, c’est qu’il n’y eut pas.de jugement prononcé, et qu’après avoir poursuivi pendantplus de dix ans un homme honorable, un savant que l’Europe entière admirait, on se borna, faute de preuves de culpabilité,à ne pas donner suite à l’accusation.
Cette issue favorable fut due principalement à l’influence dela reine-mère, Marie de Médicis , qui intercéda auprès de l’ar-chevêque de Malines . Voici ce que dit à cet égard, Guy Patin ,dans une lettre du 3 décembre 1049.
« Van Helmont était un enragé. Les Jésuites le voulaient faire brûlerpour magie; la feue reine-mère le sauva, parce qu’il lui prédisait l’ave-nir, étant induite à cela par un certain Florentin, nommé Fabiani, qu’elleavait près de soi, qui la repaissait de ces vanités astrologiques. »
Il faut avouer que c’était là des mœurs étranges, et que lasociété du dix-septième siècle est encore bien souvent inexpli-cable pour nous !
En quelle année Van Helmont obtint-il sa mise en liberté ?On l’ignore. La dernière pièce que M. Broeckx a pu recueillirporte la date du 10 décembre 1638. C’est une lettre adresséepar Van Helmont à l'archevêque de Malines . L’accusé seplaint des dommages que lui cause son procès et de la confis-cation de plusieurs ouvrages d’une valeur considérable. II ter-mine en suppliant l’archevêque de Malines de lui pardonner,puisqu’il n’existe plus aucun exemplaire de son Traité sur Uscures magnétiques , et qu'il est prêt, d'ailleurs, à souscrire telledéclaration qu’on exigera de lui.
D’après cette dernière pièce, Van Helmont ne fut donc laissétranquille qu’en 1638. Toutefois, comme nous l’avons dit,aucun jugement n’avait été rendu, la poursuite avait été seule-