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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME STKCLE
les dangers auxquels il exposait continuellement sa vie, ne purent ra-lentir son zèle (1). »
Van Helmont donnant gratuitement ses soins et les remèdesnécessaires aux nombreux malades qui s’adressaient à lui, etconsacrant une partie de son temps et de sa fortune à desexpériences qui, plus d'une fois, faillirent lui coûter la vie.attira sur lui l’attention de plusieurs souverains, et acquitl’estime de tous ses contemporains. L’électeur de Cologne etl’empereur d’Allemagne , Rodolphe II , grand amateur dessciences, comme on le sait, manifestèrent souvent, et de diversesmanières, l’estime toute particulière qu’ils avaient pour l’illustremédecin de Bruxelles . Rodolphe II l’invita plusieurs fois, d’unefaçon pressante, à se rendre à sa cour. Mais sa tranquille re-traite de Vilvorde lui était plus chère que toutes les satisfactionsd’amour-propre et que les plaisirs, souvent mêlés d’amertume,qu’on trouve au sein des cours. Il ne pouvait consentir à s’éloi-gner de son laboratoire, rempli des plus précieux échantillons-de produits chimiques et de moyens variés d’expérimentation.
Mais le célèbre médecin approchait du terme de sa vie.Né avec un tempérament faible, qui exigeait beaucoup deménagements et de soins, il ne pouvait se résoudre, mêmearrivé à la vieillesse, à réduire le nombre des occupations,souvent pénibles, qu’il avait pris l’habitude de s’imposer dansla vigueur de l’âge. Ces occupations étaient devenues très-nom-breuses, vers les derniers temps de sa vie, car plus sa réputa-tion s’étendait, et plus augmentait le nombre des malades quiavaient recours à ses soins et à ses médicaments gratuits.Il ne craignait pas d’aller, par les plus mauvais temps, à uneassez grande distance, dans les environs de son château, visiterceux qui ne pouvaient se transporter chez lui.
Un jour, en revenant, pendant une rigoureuse journée d'hi-ver, de faire une visite à un malade, il éprouva un refroidis-sement, qui dégénéra bientôt en fluxion de poitrine. Il com-prit que sa fin était prochaine, et il profita du peu d’instantsqui lui restaient à vivre pour faire ses dernières dispositions.Il recommanda à son fils, François Mercure, de coordonnerses nombreux écrits, et de les publier.-La veille même de sa
(1) Les Belges illustres, par Losen de SeltenhofT, t. III, p. 224.