VAX HELMOXT
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mort, il écrivit, à Paris , à un de ses amis, une lettre qu’il ter-minait en lui faisant ses derniers adieux, « attendu, ajoutait-il,que je ne peux avoir plus de vingt-quatre heures à vivre. »En effet, il expira le lendemain, 30 décembre 1044, à l’âge desoixante-sept ans.
Van Helinont avait cet air de noblesse et de distinction quicaractérise les descendants des anciennes familles. Les traitsde la figure humaine reçoivent toujours une vive empreintedes sentiments habituels, des affections de l’âme et des cons-tantes préoccupations de l'esprit. Van Helmont avait un frontlarge, des traits fortement accentués et un regard expressif,où se reflétaient tour à tour et le feu du génie et les rêveriesdu mysticisme religieux. Cet ensemble de traits était l’expres-sion exacte de-son caractère, tel qu’il ressort de ses écrits etde l’histoire de sa vie.
II
Un homme dont l’existence entière a été absorbée par desrecherches scientifiques et par les travaux de la pensée n’apu se trouver mêlé à des événements capables d’exciterune curiosité vulgaire. La vie de Van Helmont , si l'on enexcepte l’épisode malheureux de son procès devant l'officialitéde Malines , fut tout intime ; elle se résume dans des travaux,des études et des découvertes scientifiques. Nous allons doncjeter un coup d’œil rapide sur ses travaux, comme thèosophe ,comme physicien, comme chimiste et comme médecin.
« Le dévouement de Van Helmont à la science, nous dit« Cuvier, quoique égaré par des idées superstitieuses, lui attira« l’estime de ses contemporains. * Van Helmont a partagé sansdoute, comme .les grands hommes de tous les temps et de tousles pays, la plupart des erreurs et des préjugés de son siècle.Quant à ses idées sur Dieu , sur lame et sur cette contemplationintellectuelle, « où l’âme parvient, disait-il, à voir en soi tout« ce qui est intelligible, parce qu’elle voit alors en soi l’image« de Dieu , » nous ne les examinerons pas en elles-mêmes. Nous