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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE

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Le verre donne exactement, par sa décomposition, les mêmesquantités de sable et de cendres quon avait employées pour lefabriquer. Aucun élément nen détruit un autre. « Dieu , ditVan Helmont , aime la concorde et lharmonie, la guerre deséléments est un conte de vieille femme (1). »

Van Helmont planta une branche de saule, du poids de cinqlivres, dans un vase contenant deux cents livres de terre, et il11 e se servit, pour l'arroser, que d'eau de pluie ou deau dis-tillée. Au bout de cinq ans, cette branche, pesée de nouveau,donna un poids de cent soixante-neuf livres. Il pesa aussi laterre contenue dans le vase ; elle navait perdu que deux oncesde son poids ; cétait donc leau qui sétait convertie en centsoixante-quatre livres de bois (2). De nos jours, on eût ajouté àcette explication chimique, que latmosphère avait contri-buer aussi pour une certaine part à laugmentation de poidsdu végétal considéré. Dans cette belle expérience, lemploi dela balance était un fait fondamental, qui pouvait conduire à unerévolution en chimie.

Selon Van Helmont , le feu et la lumière paraissent être demême nature, et semblent ne se distinguer lun de lautre quepar des différences dintensité. La fonction du feu consisteà dilater, à diviser, à séparer; le feu détruit toute semence etchange en gaz les matières combustibles (confmgibiles materiasin gas traducit).

Van Helmont est le premier qui ait désigné par le nom degaz, quil écrivait gas (de l'allemand geist, esprit), les sub-stances aériformes.

Arrêtons-nous sur ce fait capital de la découverte des gazpar le chimiste de Vilvorde .

Van Helmont renverse sur une bougie allumée un bocal deverre, dont les bords reposent sur leau, pour empêcher lairextérieur de pénétrer dans le vase. A mesure que la bougiebrûle, on voit diminuer le volume de lair ainsi emprisonné ;mais bientôt la flamme séteint. Van Helmont en conclut que,par leflet de la combustion, il sest développé un gaz, qui aétouffé la flamme.

(1) Terra, p. 45.

(2) Complexionum et mixtionum élément ., etCi, p. 88.