VAX HELMOXT
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dans les doctrines médicales au dix-septième siècle ; il a amenél’art de guérir dans des voies toutes différentes de celles où ilétait engagé depuis Galien . Nous ne voyons pas, dès lors, quele sentiment religieux soit un obstacle au développement del'idée scientifique.
Tout nous porte à croire, en résumé, que le sentiment reli-gieux contribue au développement du génie dans les sciences,tandis que le positivisme lui opposera toujours un obstaclesérieux.
Passons aux idées et aux découvertes de Van Ilelmont enphysique, en chimie, en physiologie.
Van Ilelmont n’est pas aisé à lire. Au milieu de ses écrits,fort divers et parfois obscurs, il est difficile de découvrir unenchaînement rigoureux d’idées et de faits, qui puissent cons-tituer un véritable système scientifique. Mais cela tient, engrande partie, à ce que Van Ilelmont subordonnait la science àune pensée religieuse, à ce qu’il exprimait cette pensée, avecses nuances et ses formes diverses, en un langage mystiquedont nous n’avons pas la clef. On prétend que son style estsouvent poétique et plein d’images; nous aimerions mieux,toutefois, qu’il lut simple, naturel et précis. Mais il faut con-sidérer que le latin du moyen âge était une langue de conven-tion, et que, dès lors, il variait quant au sens des expressions.Le latin change selon les temps et selon les pays auxquelsappartenaient les écrivains qui en faisaient usage ; celui d’unAllemand , par exemple, ne pouvait être entièrement le mêmeque celui d’un Italien. Ajoutons, à ces causes de variation,celles qui naissent de la marche de l’esprit humain, du déve-loppement de toutes les connaissances, etc. De là cette obscu-rité que nous trouvons dans certains auteurs du seizième etdu dix-septième siècles. « Néanmoins, dit M. Cap, on trouve,dans Van Ilelmont, des fragments remarquables par l’éléganceet par une simplicité toute biblique. »
Van Ilelmont a fait, l’un des premiers, l’emploi scientifiquede la balance. lia prouvé que, dans la nature, rien ne se détruitni ne se crée, mais que tout se transforme. Un élément, dit-il,ne saurait s’annihiler, à quelque opération qu’on le soumette.L’or, qu’on a combiné avec d’autres substances, doit se retrou-ver dans un autre composé, sans avoir rien perdu de son poids.