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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE
cet état ]>ai' le ferment, comme on peut l'observer dans la fermentationdu vin, du pain, de l'hydromel.
« . Une grappe de raisin non endommagée se conserve et se des-
sèche; mais une fois que l'épiderme est déchiré, le raisin ne tarde pas àsubir le mouvement de fermentation: c'est là le commencement de samétamorphose. Ainsi le moût de vin, le suc des pommes, des baies, dumiel, et même des fleurs et des branches confuses, éprouvent, sous l’in-fluence du ferment, comme un mouvement d’ébullition dû au dégage-ment du gaz, à cause du défaut de ferment. Ce gaz, étant comprimé avecbeaucoup de force dans des tonneaux, rend les vins pétillants et mous-seux U). »
Van Ilelmont fait remarquer ensuite que ce gaz n’est pas lamême chose que l’esprit (le vin; et il s’attache à le prouver.Il ajoute que l'action d’un acide sur des produits calcaires pro-voque un dégagement du même gaz; — que dans les celliersoù une liqueur telle que le vin, la bière, le cidre, est en fer-mentation, cette liqueur laisse échapper le même gaz, sylvestre,et que l’inspiration de ce gaz peut asphyxier sur le champceux qui le respirent; — que rien n’agit plus promptement surnous que ce gaz, comme on le voit dans des grottes ou dansdes mines; — que certaines eaux minérales, telles que leseaux de Sptf, dégagent du gaz sylvestre. — Il s’en dégageencore, ajoute Van Helmont , du corps des animaux par laputréfaction, etc. — Les gaz de l’estomac éteignent la flammed’une bougie ; mais il se forme, dans les gros intestins, un gazstercoral qui, s'il traverse, en sortant par l’anus, la flammed’une bougie, s’allume et donne en brûlant une teinte irisée (2).M. Hoefer, dans son Histoire de la Chimie, ajoute qu’en effet“ les gaz de l’estomac et des intestins grêles sont composésd acide carbonique, d’azote et de gaz non inflammables ; tandisque les gaz stercoraux sont en général l'hydrogène sulfuré et1 hydrogène carboné, qui sont des gaz inflammables. »
Les gaz, dit Van Iielmont, diffèrent les uns des autres selonla matière, la forme, le lieu, le ferment, etc. La flamme estune fumée embrasée, et la fumée un gaz (3).
(1) a Cas si limita vi intra cados cuerceatur, ima furiosa reddit. » (Orlus med., p. 66.)
(2) « l’iatus originales in stomaclio extingunt ilaimnain caudelæ, stereoreus autemflatus qui in ultimis formatur intestinis, atque per anum exit, transmissus perflanimain candeiæ, transvolamlo aecenditur, ac Hammam divcricolorem, iridis instar,exprimit. y (Ürtus med., de jlatibus, p. 261.)
l3_) « Atque imprimis indubium est, quia llamma sit furnus accensus, et quodfumus sit corpus gas. i (De flatitus, p. 259.)