• VAX HELMOXT
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Van Helmont n’a pas seulement décrit l'acide carbonique, ila connu le gaz acide chlorydrique, qu’il nomme tjaz du sel.Pour le préparer, il formait, dans une cornue, un mélanged’acide azotique et de sel marin ou de sel ammoniac. Il obte-nait ainsi, dit-il, « même à froid, un gaz dont le dégagementfaisait éclater le vaisseau avec fracas. » (1) Il connaissait encorele gaz acide sulfureux et l’acide azoteux.
Il est donc juste de proclamer que Van Helmont est le pre-mier chimiste qui ait bien connu et étudié les gaz. Si Van Hel mont n'est point parvenu à recueillir et à étudier isolémenttous ces gaz, dit AI. Hoefer, on ne saurait du moins lui con-tester le mérite immense d'en avoir le premier signalé l’exis-tence. »
Van Helmont s'était imaginé que le gaz acide carboniquen’était, au fond, que de l’eau. En brûlant du bois, il obtenaitconstamment le / az sylvestre; en distillant dubois, il obtenaitun liquide incolore et limpide comme l’eau (2). Donc, le gazacide carbonique et le liquide incolore, tous deux extraits dubois, considérés dans leur essence, ne devaient être, croyait-il,que le même corps, la même substance, se présentant sousdeux formes différentes. Si Van Helmont eût connu l’oxygène,et le rôle essentiel que cet élément joue comme corps combu-rant, il n’eût pas confondu le phénomène chimique de la com-bustion, qui est une combinaison chimique, avec celui de lasimple décomposition des corps par la chaleur.
Van Helmont attribue à l’eau un rôle très-important dans lanature. Elle est, selon lui, par rapport aux corps terrestres, ceque le sang, qui circule dans les veines, est par rapport à l’éco-nomie animale.
L'eau ne peut se transformer en air, ni l’air se changer eneau. Soit à l’état liquide, soit à l’état de vapeur, c’est toujoursla même substance; la condensation ou la raréfaction desmêmes atomes produit toute la différence qui existe entre cesdeux états d’un même corps.
« En creusant clans la terre, dit-il, on rencontre superposées les unesaux autres des couches d’un aspect varié. Au-dessous de ces couches se
(1) « Mox otiam in frigore gas excitatur et vas forti desilit cum fragore.
(2) ürtus med., p. (18.
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T. IV.