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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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ROBERT BOYLE

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session dune fortune considérable. Il nen décida pas moins decontinuer ses études, et même de faire servir au perfectionne-ment de ses connaissances les biens que son père venait delui laisser. Peu de temps après la mort du comte, son père, ilalla dabord passer quelque temps chez lady Ramlagh, sa sœur,qui, de concert avec lun de ses frères, lord Ilroghill, le mit enpossession des biens patrimoniaux.

Les préoccupations religieuses commencèrent alors à tenirune grande place dans lesprit du jeune Irlandais. Pour éclair-cir des doutes qui, en matière de foi, le jetaient souvent dansune vive anxiété, il résolut de lire, dans le texte même, lesécrits des Pères de lÉglise . Il étudia les langues orientales ; ilapprit lhébreu; il entra en relation avec les plus savants théo-logiens de son siècle; enfin il composa, sur la philosophie reli-gieuse, une série d'ouvrages qui ne lempêchèrent pas de selivrer en même temps, et avec une égale ardeur, à ses recher-ches scientifiques.

Il débuta dassez bonne heure, dans la carrière littéraire,par quelques opuscules religieux, qui, bien que nétant pas dé-pourvus de mérite, furent cependant à peine remarqués. EnAngleterre, du temps de Cromwell , les questions purementlittéraires et philosophiques nétaient pas de celles dont lepublic se préoccupait.

Robert Iloyle fit alors un dernier voyage d'instruction enFrance , et au retour, cest-à-dire en 1015, il alla s'enfermerdans sa terre de Stalbridge, pour sy consacrer désormais, etjusquà la fin de sa vie, au culte exclusif des sciences. Sa com-plexion faible et délicate l'éloignait des luttes ardentes et pé-rilleuses des partis, les seules alors qui eussent le privilège depassionner les esprits en Angleterre. Son goût le portait,dailleurs, vers la culture des sciences, et sa grande fortunelui permettait de se livrer aux dépenses multipliées quexigentles recherches expérimentales.

La nature lui offrait un vaste domaine, encore bien peuexploré, toute son activité intellectuelle pouvait se dé-ployer librement et sans danger. 11 conçut alors un vaste plandont lexécution exigeait le concours éclairé de plusieurshommes instruits, et il s'occupa de réunir près de lui cettephalange délite.