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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
Parmi ceux qu’il rassembla d’abord dans sa retraite deStalbridge, on cite Théodore ITook, Samuel Hastlieb, FrançoisGlisson, Thomas Wallis, Jean Wilkins et Christophe Wren.Cetle réunion savante prit d'abord le nom de Société des invi-sibles, et, un peu plus tard, celui de Collège philosophique. Elleavai.t adopté les bases de l’Académie des Lincei, associationsavante qui s était formée à Rome , et avait choisi pour inspira-teur, Galilée . Dans la suite, le Colhège philosophique, dontBoyle était l’âme, fut transféré à Londres . Érigé, sous Charles II ,en corporation royale, il devint le noyau de la célèbre ; Société royale de Londres , qui existe encore de nos jours.
En 1054, Iloyle, désirant ajouter à la somme de ses connais-sances celles qui concernent l’art de guérir, alla étudier lamédecine à l'Université d’Oxford ; et il y prit le grade de doc-teur. Il se livra, à Oxford , à des recherches anatomiques,et devint l'ami de l’illustre médecin Sydenham, lequel lui dédiaun de ses meilleurs ouvrages.
On voit que Iloyle, bien que s’occupant spécialement de phy-sique et de chimie, ne voulait pourtant demeurer étranger àaucune des branches essentielles des sciences naturelles. C'estqu’en effet, comme on l'a dit souvent, tout se tient dansl’ordre universel ; les spécialités, que les habitudes de notretemps ont établies dans la science, n’existent que dans nos mé-thodes, et sont purement- arbitraires.
Pour mettre à exécution le plan d'études tracé par le chance-lier Bacon , Boyle avait dressé un vaste programme d’expériencesphysico-chimiques. Ce système, qui avait été mis à l’essai dansle Collège philosophique, prit, pendant le séjour de Boyle àOxford , de grands développements. Il ne s'agissait de rienmoins que de substituer, en ce qui concernait la pln’sique, auxhypothèses et aux argumentations de l’école, les résultats del’expérience et de l’observation, et de travailler, par une suited'inductions, fondées sur des faits rigoureusement constatés, àune complète restauration des sciences. Si François Bacon n’afait par lui-même aucune découverte dans les sciences natu-relles, il contribua à leurs progrès en insistant sur la nécessitéd’avoir recours à la nature elle-même, et de la consulter sanscesse par l’expérience et par l’observation. Sans exagérer l’in-fluence que le chancelier d’Angleterre exerça au point de