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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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ROBERT BOYLE

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luire à ses yeux, des motifs suffisants pour refuser dentrer dansles ordres sacrés (F. Il ne pouvait souffrir quon se vouât àDieu en vue des intérêts temporels et des grandeurs humaines.Il avai un tel respect pour la divinité, quaprès en avoir pro-noncé le nom, il sarrêtait toujours un moment.

lioyle était libre, en ce sens quil-navait dautre tâche à rem-plir que celie quil lui plaisait de simposer. Cependant il necroyait pas pouvoir saffranchir des devoirs de bienséancesociale. Dune politesse exquise et dune rare bienveillance,il aurait craint de manquer à ce quon doit aux autres et àce quon se doit à soi-même, sil s'était refusé aux conti-nuelles visites qui venaient interrompre à chaque instant lecours de ses travaux et lui enlever un temps dont il déploraitquelquefois amèrement la perte. Il lui venait surtout beaucoupdétrangers, et il les accueillait toujours bien, parce que cétaitainsi quon en avait agi envers lui dans les divers pays quilavait traversés. Son laboratoire était toujours ouvert aux cu-rieux, et il était permis à tout venant dassister aux expé-riences

Il y avait, dans le ton et dans les manières du savantfondateur de la Société royale , cette aisance naturelle et cetteélégante simplicité qui distinguent le gentilhomme. Seulementil était bègue, et parlait dès lors avec beaucoup dhésitation.Sa taille était mince et élevée, sa figure pâle et maigre. Tout,dans son maintien et dans les traits de sa physionomie, annon-çait un esprit habituellement calme et réfléchi. Des mœurssévères et un caractère tout à la fois persévérant et fermesalliaient, chez lui, à la plus sincère modestie. Il aimait àsoulever des questions, à proposer des doutes, à fournir desmatériaux aux débats scientifiques ; mais il discutait peu. Il necherchait jamais à donner le ton ; il écoutait les objectionsavec une attention bienveillante; il y répondait avec une poli-tesse aimable et sans trop affirmer.

La faiblesse de son tempérament lobligeait à suivre unrégime austère : il mangeait peu et ne faisait usage que dali-ments simples et communs. Sa mise, ses meubles, son équipage,tout était conforme, chez lui, au caractère d'un véritable philo-

(l) Histoire des philosophes modernes. In-12, 1773, t. I.