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luire à ses yeux, des motifs suffisants pour refuser d’entrer dansles ordres sacrés (F. Il ne pouvait souffrir qu’on se vouât àDieu en vue des intérêts temporels et des grandeurs humaines.Il avai un tel respect pour la divinité, qu’après en avoir pro-noncé le nom, il s’arrêtait toujours un moment.
lioyle était libre, en ce sens qu’il-n’avait d’autre tâche à rem-plir que celie qu’il lui plaisait de s’imposer. Cependant il necroyait pas pouvoir s’affranchir des devoirs de bienséancesociale. D’une politesse exquise et d’une rare bienveillance,il aurait craint de manquer à ce qu’on doit aux autres et àce qu’on se doit à soi-même, s’il s'était refusé aux conti-nuelles visites qui venaient interrompre à chaque instant lecours de ses travaux et lui enlever un temps dont il déploraitquelquefois amèrement la perte. Il lui venait surtout beaucoupd’étrangers, et il les accueillait toujours bien, parce que c’étaitainsi qu’on en avait agi envers lui dans les divers pays qu’ilavait traversés. Son laboratoire était toujours ouvert aux cu-rieux, et il était permis à tout venant d’assister aux expé-riences
Il y avait, dans le ton et dans les manières du savantfondateur de la Société royale , cette aisance naturelle et cetteélégante simplicité qui distinguent le gentilhomme. Seulementil était bègue, et parlait dès lors avec beaucoup d’hésitation.Sa taille était mince et élevée, sa figure pâle et maigre. Tout,dans son maintien et dans les traits de sa physionomie, annon-çait un esprit habituellement calme et réfléchi. Des mœurssévères et un caractère tout à la fois persévérant et fermes’alliaient, chez lui, à la plus sincère modestie. Il aimait àsoulever des questions, à proposer des doutes, à fournir desmatériaux aux débats scientifiques ; mais il discutait peu. Il necherchait jamais à donner le ton ; il écoutait les objectionsavec une attention bienveillante; il y répondait avec une poli-tesse aimable et sans trop affirmer.
La faiblesse de son tempérament l’obligeait à suivre unrégime austère : il mangeait peu et ne faisait usage que d’ali-ments simples et communs. Sa mise, ses meubles, son équipage,tout était conforme, chez lui, au caractère d'un véritable philo-
(l) Histoire des philosophes modernes. In-12, 1773, t. I.