KOBKHT BOYLE
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par l’évidente vérité des essais précédents. Car ceux, sans doute, de quiles esprits étaient préoccupés de'cette opinion que l'air est léger, eussentbondi à l’encontre. Comment, eussent-ils dit, ne tire-t-on le froid duchaud, le blanc du noir, la clarté des ténèbres, puisque de l’air, choselégère, on tire tant de pesanteur (1)1 »
Boyle avait-il lu cet Essai, de Jean Rey , ou tout au moinsavait-il entendu parler des expériences du docteur périgour-din? Cela n’est pas probable. Quoi qu'il en soit, Boyleavait été précédé dans sa découverte des propriétés chi-miques de l’air par l’apothicaire de Bergerac et par le mé-decin du Périgord .
Grâce à divers procédés chimiques dont nous ne pouvonsdonner ici la description, Boyle parvint à décomposer l’eau, età recueillir le gaz hydrogène qui résultait de cette décomposi-tion. Bien entendu qu’il méconnut le gaz hydrogène : il le con-sidéra comme une espèce d’air, peu différent de l’air ordinaire
Ses nombreuses expériences sur l’évaporation et l’ébullitionde diverses liqueurs dans le vide, sur la pression de l’atmos-phère, sur l’élévation des liquides dans un siphon, sur la ca-pillarité, sur la hauteur de l’atmosphère, sur la congélation del’eau, sur la construction d’un baromètre portatif, etc., contri-buèrent considérablement aux progrès de la physique.
Lorsque, en 1666, Boyle publia ses Paradoxes hydrostati-ques , on connaissait déjà, en France , par la grande expériencede Pascal et Perier sur le Puy-de-Dôme , et en Italie , parl’expérience de Torricelli , la cause de l’élévation de l’eau dansles corps de pompe. Mais cette explication ne devait pas êtreregardée, en Angleterre, comme bien convaincante, puisqueBoyle la range parmi ses paradoxes hydrostatiques. Ce quiest certain, c’est que ce fut à sa sollicitation que la Sociétéroyale chargea une commission, composée do plusieurs de sesmembres, d’aller répéter sur le pic de Ténériffe , dans l’une desîles Canaries , la célèbre expérience de Pascal.
On trouve, à ce sujet, une anecdote plaisante, dans leil lenayiana (2).
(1) Essais de Jean Rey, avec notes de Gobet, p. 6(i.
(2) Tome II, p. 315.