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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
vait tirer de cette expérience, c’est que, si l’air atmosphé-rique n'existait pas, toutes les eaux qui sont à la surface de laterre seraient continuellement en ébullition, sans que leur tem-pérature fut pour cela plus élevée.
Borde parvint à comprimer l’air au point de le réduire àoccuper un espace vingt fois moindre, puis à le dilater au pointde lui faire occuper un espace 13,709 fois plus grand que celuiqu’il présente sous la pression ordinaire (1).
Boyle reprit toutes les expériences d’Otto de Guerike, et,à l’aide de sa machine perfectionnée, il leur donna plus dedéveloppement. Il constata l’influence de l’air sur la pro-pagation du son, sur le mouvement du pendule, sur l’élé-vation des vapeurs et sur toute la nature animée. Des bullesd’air qu’il avait retirées d’un vase plein d’eau, placé dans lerécipient oit il faisait le vide, lui firent présumer que l’air joueaussi un rôle important dans la formation et le développementdes multitudes infinies d’êtres animés qui vivent au sein deseaux.
En 1630, un médecin français , nommé Jean Rey, né en Pé rigord , avait découvert, avant Boyle, que certains corps, enbrûlant, absorbent une certaine quantité d’air. D'autre part,un apothicaire de Bergerac , nommé Brun, après avoir par-faitement constaté que l’étain augmente de poids, quand onle chauffe à l'air, demanda à Jean Rey la cause de ce phé-nomène. Celui-ci, après avoir répété et reconnu commetrès-exacte l’expérience de Brun, déclara que cette augmen-tation de poids ne pouvait avoir pour cause qu'une absorptionde l'air.
« Je réponds et soutiens glorieusement, écrit Jean Hey , que ce sur-croît de poids vient de l’air qui, dans le vase, a été épaissi, appesanti etrendu adhésif par la véhémente, et longuement continuée, chaleur dufourneau; lequel air (à ce aidant l'adgitation fréquente) se méloavec la chaux joxyde d'étain) et s’attache à ses plus menues parties ; nonautrement que l'eau appesantit le sable que vous jetez et agitez dansicelle, pour l’amoitir et adhérer au moindre de ses grains. J'estime qu’il ya beaucoup de personnes qui se fussent effarouchées au seul récit decette réponse, si je ne l'eusse donnée dès le commencement, qui la re-cevront ores volontiers, étant comme apprivoisées et rendues traitables
(l) \juv:lle$ er t er e c s ihysico-nvcan'ques» Oxford, 1660.