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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE
Dans son Mémoire sur la porosité des corps, Boyle révèle leprocédé de la peinture sur verre, alors connu de peu de per-sonnes, et tenu fort secret. Il parle de l’utilité du manganèse,et du rôle que joue ce métal dans la fabrication du verre. Ilrectifiait l'esprit de vin, en le distillant sur du tartre calciné.Il savait que tous les fruits sucrés ou amylacés peuvent fournir,après une fermentation préalable, de l’alcool à la distillation. Ilporta son attention sur une foule de procédés physico-chimiquesen usage de son temps. « Il avait, dit M. Hoefer, le bon espritd’allier partout la physique, la mécanique, les mathématiques,la chimie, l’agriculture, la médecine, parce que toutes lessciencesdoive.ntse donnerlamain et se prêter un mutuel appui.»
Boyle se laissait entraîner souvent d’un sujet à un autre, parur.e idée nouvelle qui se présentait à son esprit. Il s’était pro-posé de suivre les vues générales du chancelier Bacon ; et commeBacon , dans son large plan, embrasse la nature entière, Boylevoulut s’arrêter à tous les sujets qui s’offraient à lui dans lessciences naturelles. Il essayad’expliquer les saveurs, les odeurs,les couleurs , le froid, la chaleur, etc. Le chapitre sur les cou-leurs (1) renferme, au point de vue chimique, des détails" pleinsd’intérêt. Au point de vue phj’sique, il considère les couleurscomme les effets de la modification de la lumière par les pro-priétés des surfaces réfléchissantes. Le blanc est produit, surles corps raboteux, par un infinité, de petites superficies quiréfléchissent la lumière comme autant de petits miroirs ; le noirest un effet de l’absorption totale des rayons par les surfacesdes corps poreux, etc.
Le froid et la chaleur dépendent, suivant lui, des propriétésphysico-mécaniques qui composent les corps (2). On trouve,dans le travail de Boyle relatif à la chaleur, la des criptiond’un grand nombre d’expériences sur les mélanges frigori-fiques. Il perfectionna le thermomètre. C'est lui qui, le pre-mier, proposa d’adopter, comme point fixe, lo point de congé-lation de l’eau.
Le travail de Boyle sur les eaux minérales est supérieur àtout ce qui avait paru jusque-là sur cette matière. L’auteur
(1) Philosophicctl iccnks, t. II.
(2) lbidem 1 t. V.