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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE

Dans son Mémoire sur la porosité des corps, Boyle révèle leprocédé de la peinture sur verre, alors connu de peu de per-sonnes, et tenu fort secret. Il parle de lutilité du manganèse,et du rôle que joue ce métal dans la fabrication du verre. Ilrectifiait l'esprit de vin, en le distillant sur du tartre calciné.Il savait que tous les fruits sucrés ou amylacés peuvent fournir,après une fermentation préalable, de lalcool à la distillation. Ilporta son attention sur une foule de procédés physico-chimiquesen usage de son temps. « Il avait, dit M. Hoefer, le bon espritdallier partout la physique, la mécanique, les mathématiques,la chimie, lagriculture, la médecine, parce que toutes lessciencesdoive.ntse donnerlamain et se prêter un mutuel appui.»

Boyle se laissait entraîner souvent dun sujet à un autre, parur.e idée nouvelle qui se présentait à son esprit. Il sétait pro-posé de suivre les vues générales du chancelier Bacon ; et commeBacon , dans son large plan, embrasse la nature entière, Boylevoulut sarrêter à tous les sujets qui soffraient à lui dans lessciences naturelles. Il essayadexpliquer les saveurs, les odeurs,les couleurs , le froid, la chaleur, etc. Le chapitre sur les cou-leurs (1) renferme, au point de vue chimique, des détails" pleinsdintérêt. Au point de vue phjsique, il considère les couleurscomme les effets de la modification de la lumière par les pro-priétés des surfaces réfléchissantes. Le blanc est produit, surles corps raboteux, par un infinité, de petites superficies quiréfléchissent la lumière comme autant de petits miroirs ; le noirest un effet de labsorption totale des rayons par les surfacesdes corps poreux, etc.

Le froid et la chaleur dépendent, suivant lui, des propriétésphysico-mécaniques qui composent les corps (2). On trouve,dans le travail de Boyle relatif à la chaleur, la des criptiondun grand nombre dexpériences sur les mélanges frigori-fiques. Il perfectionna le thermomètre. C'est lui qui, le pre-mier, proposa dadopter, comme point fixe, lo point de congé-lation de leau.

Le travail de Boyle sur les eaux minérales est supérieur àtout ce qui avait paru jusque- sur cette matière. Lauteur

(1) Philosophicctl iccnks, t. II.

(2) lbidem 1 t. V.