ROBERT BOYEE
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essaie d’introduire dans la science une méthode précise pouranalyser les différents sels dont ces eaux peuvent être char-gées. Pour soumettre les eaux minérales à l'analyse chimique,il propose la teinture de noix de galles, s’il s’agit de recon-naître la présence du fer ; — l’infusion du hois de Brésil ou lesirop de violettes, pour constater la présence des solutionsacides ou alcalines ; — l’ammoniaque , pour reconnaître l’exis-tence du cuivre ; — la dissolution d’argent (azotate) pour recon-naître le sel commun, etc. Le premier, il prouve que Y arsenicblanc doit être rangé parmi les acides, bien que sa réactionacide soit très-faible.
Son mémoire sur Y Histoire universelle naturelle du sanghumain (1), renferme des observations très-chrieuses. C’étaitla première fois que cette question intéressante était traitéescientifiquement.
Nous avons réservé pour la fin de cet exposé, les travaux deBoyle sur les phosphores. C’est ici le lieu d’aborder cette ques-tion, d’autant mieux qu’elle va nous donner l’occasion de faireconnaître l'histoire de l’une des plus grandes découvertes de lachimie au dix-septième siècle : celle du phosphore.
La découverte du phosphore présente cette particularitéétrange, qu’elle fut réalisée à la fois, en Allemagne , par deuxchimistes, Kunckel et Brandt, et bientôt après, en Angleterre,par Robert Boyle . Cet événement bizarre mérite d’être racontéavec quelques détails.
B y avait, en 1070, à Grossenhayn, en Saxe , un certainbailli, du nom de Baudouin (Balduinus), qui consacrait sontemps à la poursuite de la pierre philosophale, en compagniede son ami, le docteur Früben. Le sel que nous connaissonsaujourd’hui sous le nom d 'azotate de chaux a la propriété,quand on l’expose à l’air, d'en attirer l’humidité et de tomberen déliquescence. Le bailli Baudo.uin et son ami le docteur con-naissaient le composé et le préparaient en dissolvant de la craiedans de l’esprit de nitre (notre acide azotique actuel), évaporantla liqueur et calcinant le produit de cette évaporation. Ce sel,étant abandonné à l’air, ne tardait pas à s’y résoudre en liquide.
(1) Ibidem, t. V, p. 3.