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SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE
tant certains mouvements sous l’influence des variations de lapression extérieure de l’air, la petite figurine marquait, par sesdéplacements, le beau temps ou la pluie. Homberg avait apprischez Otto de Guericke à construire cet appareil, il l’échangeaavec Kunckel contre le procédé de la préparation du phosphore.
Homberg décrivit la manière de préparer ce corps simple,dans un mémoire qui parut en 1092, dans le Recueil de VAca-démie des sciences, sous ce titre : Maniéré de faire le 'phosphorebrûlant de Kunckel. C'est ainsi que le phosphore et sa pré-paration furent connus en France .
Cependant, malgré la publicité qui fut donnée par l’Académie des sciences de Paris au mémoire de Homberg, les chimistes,qui avaient essayé de mettre ce procédé à exécution, avaientpresque tous échoué. En 1737, il n’y avait en Europe qu’unseul homme qui sût préparer le phosphore ; c’était Godfreyllankwitz, apothicaire à Londres , qui tenait le procédé deRobert Boyle . Par une des nombreuses bizarreries que nousprésente l’histoire du phosphore, ce corps singulier devait, eneffet, être découvert une seconde fois, en dépit de l’inventeur.
En 1079. Kraft avait apporté en Angleterre un échantillonde phosphore, pour le mettre sous les yeux de Charles II etde la reine. Le roi fut charmé des curieux effets de cette sub-stance, et il en fit présent à Boyle. Sur le simple renseignementqu’on le retirait du corps humain, Robert Boyle , en 1080, re-produisit le tour de force ds Kunckel. Après plusieurs tentativesinutiles, il réussit à isoler le phosphore, et trouva un procédétrès-convenable pour sa préparation. Il révéla ce procédé à sonassistant de la Société royale de Londres , Godfrey Hankwitz ,chimiste-apothicaire, qui eut depuis ce moment le privilège defournir le phosphore à toute l’Europe . C’est pour cette raisonque le phosphore fut alors connu des chimistes, sous le nomde phosphore d’Angleterre.
Ainsi le phosphore fut découvert successivement par troischimistes: Kunckel, Brandt et Robert Boyle . La même par-ticularité s’est rencontrée, au siècle suivant, pour l’oxy-gène. Entrevu par Cardan , au seizième siècle, par Jean Rey etpar Robert Boyle , au dix-septième, l’oxygène fut découvertsimultanément, au dix-huitième siècle, par Schéele , par Iîayen,par Priestley et par Lavoisier .