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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

mery. Après avoir suivi pendant un temps convenable lensei-gnement oral et pratique de la rue Galande, ils revinrent dansleur patrie, pour y propager les principes de la chimie nou-velle quils tenaient dun maître illustre.

Ainsi, la gloire de Nicolas Lémery était à son comble et sapopularité sans égale. On lappelait le grand lémery ; sa phar-macie, la plus brillante de la capitale, comptait une clientèleimmense; son livre et son enseignement lui constituaient desrevenus considérables, digne récompense de ses travaux.

Maintenant, lecteurs, attendez dix ans, et revenez dansla rue Galande. Vous trouverez la rue déserte et la pharmaciede Lémery fermée. Cet amphithéâtre, des centaines daudi-teurs se pressaient chaque jour, avides dentendre la parole dunmaître admiré, cet amphithéâtre est détruit; le laboratoirenexiste plus; les instruments, les appareils quil renfermait,sont vendus et dispersés. Toute cette gloire sest éteinte, toutcet éclat a disparu. Que s'est-il donc passé, et quel fut lecrime de Nicolas Lémery ?

Lémery était protestant, nous avions oublié de le dire : telfut son crime. La révocation de lÉdit de Nantes , portée en1685, avait été précédée de persécutions ouvertes, qui sétaientexercées pendant plus de dix ans, contre les religionnaires ré-calcitrants. On avait juré de rendre lexistence impossible enFrance , à tout protestant, quelque peu éclairé. Dans ce but, onlui avait dabord interdit lusage de toute profession. Auxtermes des arrêts de Louis XIV , un protestant ne pouvait êtreni notaire, ni juge, ni médecin, ni avocat, ni orfèvre, pasmême boulanger ni commerçant; il ne pouvait être que soldatou laboureur. Le protestant ne pouvait pas se marier, il nepouvait pas même disposer de ses biens par testament.

Dans ces conditions, tout homme de cœur appartenant à lareligion réformée, navait quun parti à prendre : lexil. Cestce que firent, en quelques années, près dun demi-million deFrançais , qui allèrent porter à létranger leur industrie, leurrichesse ou leurs bras.

Seulement, il fallait se hâter, car, en présence de lexil enmasse que simposait la population protestante, le gouverne-ment de Louis XIV avait décidé de mettre obstacle, par tousles moyens possibles, à lexil volontaire des protestants. Ce