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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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LEMEIÎY

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y avait nécessairement à faire un travail d'élimination. Ufallait conserver et retenir, pour ainsi dire, les faits acquis,les phénomènes bien observés, et se débarrasser du vain écha-faudage des théories dont les alchimistes avaient embarrasséces mêmes faits. Il fallait sattacher absolument à la pratique,en écartant toute espèce de spéculation. A ce prix seulement,on pouvait se flatter dêtre intelligible.

Lémery comprit admirablement cette vérité. Décidé à ouvrirà Paris des leçons publiques sur la science quil possédait àfond il sappliqua, pendant de longues années, à extraire delalchimie la chimie proprement dite, à retirer de sa gangueimpure le métal brillant et radieux.

De ce grand effort desprit sortirent deux monuments : da-bord un livre, son Cours de chimie, qui fut publié pour la pre-mière fois en 1075, ensuite ses leçons publiques dans lamphi-théâtre de la rue Galande.

Il ny a peut-être pas d'ouvrage qui ait obtenu un succès aussirapide et aussi soutenu que le Cours de chimie, do Lémery.Lauteur en publiait chaque année une édition nouvelle, malgréles contrefaçons qui se multipliaient partout. Louvrage futtraduit dans la langue de presque tous les peuples civilisés: enanglais , en allemand , en espagnol , en italien , sans parler destraductions latines. Cest qu'il répondait à un immense besoinscientifique de cette époque. Chacun comprenait toute limpor-tance de la chimie pour la société, pour les besoins des diffé-rentes sciences et des principales industries. Mais les entravesde la vieille alchimie arrêtaient cette tendance générale, cegoût universel pour la véritable chimie. Ce fut donc par unélan d'admiration et denthousiasme que lEurope savante saluale Cours de chimie du maître apothicaire de Paris , qui, pour lapremière lois, venait exposer, dans un langage méthodique,les faits généraux dune science qui était demeurée jusque-enveloppée des plus épaisses ténèbres.

Quant au cours public que Lémery faisait dans la rue Ga-lande, nous avons dit le retentissement quil avait dans la capi-tale et le succès qu'il rencontrait dans toutes les classes de lasociété. Un seul fait témoignera sa popularité universelle. En1688, quarante Écossais, expédiés en corps par les Universitésde leur pays, arrivèrent à Paris , pour assister aux cours de-