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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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PASCAL

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déplorable de sa santé, cest-à-dire par un tempérament ner-veux, sujet à mille désordres, ensuite par le fanatisme religieux,qui lui fait prendre en dégoût tout ce qui touche à lordre scien-tifique, et qui le jette finalement dans une sorte de démence.

Cest donc vainement que lon chercherait dans Pascal, commedans tous les savants illustres dont nous racontons, dans ce vo-lume, la vie et les travaux, une œuvre scientifique mûrementconduite et développée, une grande pensée rigoureusementpoursuivie, et amenant à des découvertes qui font époque dansla science. Le feu de sou génie ne brille que par des éclairs in-termittents et isolés, il néclate que dans des efforts partiels,souvent secondaires ; puis, quand il a étonné lEurope entière,tout dun coup il séteint, ou tout au plus jette quelques der-nières lueurs, et tout est dit. La passion religieuse du dix-septième siècle, qui engendra le jansénisme, ne fit pas de plusgrande victime que le sublime esprit dont nous allons retracerles trop rares productions scientifiques et la vie misérable.

Biaise Pascal était le dernier enfant d'Étienne Pascal , prési-dent de la cour des aides dAuvergne , et dAntoinëtte Begon.Il navait point de frère, mais deux sœurs: lune son aînée,qui épousa un conseiller à la cour des Aides, Florin Périer, et àlaquelle on doit la meilleure notice biographique sur BiaisePascal, l'autre, Jacqueline, plus jeune que lui, et qui fut reli-gieuse au monastère de Port-Royal.

Biaise Pascal naquit à Clermont-Ferrand , le 19 juin 1623.Presque dès sa naissance, une maladie nerveuse commença àlaffecter : la vue de letiu lui causait une horreur invincible, etil jettait des cris perçants lorsque son père ou sa mère sappro-chait de lui. Les convulsions qui agitaient le corps du pauvreenfant, étaient si violentes, qu il semblait près de succomber.Quelque breuvage malheureux, quelque remède de bonnefemme, quon lui administra, en désespoir de cause, le mirentdans un état affreux. Il demeura pendant plusieurs heures,privé de sentiment et comme mort. Cependant il revint à lavie, et reprit son état normal plus vite quon ne lavait espéré.

La mort de sa mère, survenue trois ans après sa naissance,fut un coup funeste pour lenfant, qui demeura ainsi privé dunesurveillance intelligente et tutélaire.