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SAVANTS I)U DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
La prodigieuse précocité de son esprit, se fit jour, chez BiaisePascal, par toutes sortes de réparties, qui étonnaient son entou-rage, et par les questions continuelles qu’il faisait sur la na-ture des choses.
Comme on l’a pu le voir, dans le cours de ce volume, Pascalle père, comme on le nommait à Paris , n’était pas un hommeordinaire. Le président de la cour des aides d’Auvergne , était unmathématicien de la première force. Descartes , Gassendi et leP. Mersenne étaient continuellement en rapport avec lui, pourses travaux de mathématiques, et nous avons raconté dans laVie de Descartes , l’histoire de la longue discussion qui s’élevaentre lui, Fermât et Roberval, à propos de la théorie de lacourbe, appelée roulette,
Étienne Pascal , en 1631, se démit de ses fonctions dans lamagistrature : il avait deviné les facultés puissantes de sonfils, et avait décidé que Biaise, qui avait alors huit ans, n’au-rait d'autre maitre que lui.
Il suivit pour l'éducation de son fils, une méthode particu-lière. Il s'appliquait à exercer son intelligence plutôt quesa mémoire, et il ne le mit qu’à douze ans à l’étude dulatin :
u II parlait souvent à son fils, dit madame Périer, des effets extraor-dinaires de la nature, comme la poudre à canon et d'autres choses quisurprennent quand on les considère. Mon frère prenait grand plaisir àcet entretien; mais il voulait savoir la raison de toutes choses; etcomme elles ne sont pas toutes connues, lorsque mon père ne les disaitpas, et qu'il disait celles qu’on allègue d'ordinaire, qui ne sont propre-ment que des défaites, cela ne le contentait p;*s, car il a toujours eu unenetteté d’esprit admirable pour discerner le faux, et on peut dire quetoujours et en toutes choses la vérité a été le seul objet de son esprit,puisque jamais rien ne l’a pu satisfaire que sa connaissance. Ainsi, dèsson enfance, il ne pouvait se rendre qu’à ce qui lui paraissait vrai évi-demment; de sorte que, quand on ne lui disait pas de bonnes raisons, ilen cherchait lui-même, et quand il s'était attaché à quelque chose, il nela quittait point qu’il n’en eût trouvé quelqu’une qui pût le satisfaire. »
Ayant remarqué un jour, à table, qu'un plat de faïence frappéavec un couteau, avait rendu un son, que l’on arrêtait aussitôten posant le doigt sur le plat, il voulut savoir comment le sons’éteignait par cette simple apposition du doigt. Sur la réponsequ'il reçut, il se mit à réfléchir aux divers modes du son et il