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RAYANTS DU PIX-RIïPTIÈMK SIÈCLE
cette œuvre incohérente, et qui ne pouvaient y réussir complè-tement, car on ne doit voir dans les Pensées que les élans d'ungénie malheureux, qui exhale, par intervalles, la mélancolie deson âme et le sentiment maladif du néant de l’homme, néantqu’il exagère, d’ailleurs, parce qu’il prend pour texte sa propreet misérable situation.
Pendant que Biaise Pascal écrivait les Pensées, ses infir-mités, d’après la relation de sa sœur, ne lui laissaient pas unmoment de repos. « On peut dire, dit madame Périer, qu’alorsil n’a pas proprement vécu. « Quand on jette un regard sur lemanuscrit de cet ouvrage, qui existe aujourd'hui à la Biblio-thèque impériale de Paris , on voit qu’il se réduit à quelquespapiers informes, couverts d’une écriture presque illisible. Ilest évident que la main s’est arrêtée, paralysée par la souf-france, au milieu d’une phrase, quelquefois même au milieud’un mot.
Les douleurs de l’infortuné philosophe s’aggravaient de jouren jour. Une névralgie atroce de la tête et de la face l’empê-chait, jour et nuit, de goûter aucun repos. Pour se délivrerde ce supplice, il eut l’idée'de s'appliquer à un travail mathé-matique, et c’est ainsi qu'il termina la solution du problèmede la cycloïde, ou roulette , problème qui était débattu, de-puis vingt ans, entre les mathématiciens Fermât et Descartes ,et qu’avaient surtout approfondi Roberval, et son père, Etienne Pascal , comme nous l’avons dit dans la Vie de Descartes .
Les résultats du travail mathématique de Biaise Pascal surce sujet, furent publiés par ses amis de Port-Royal, et parurentsous ce titre : Histoire de la roulette.
Après ce retour tardif à la géométrie, dernière lueur de songénie scientifique, Biaise Pascal retomba dans ses préoccupa-tions mystiques. Il avait entrepris une Apologie du Christia-nisme, mais il ne put la continuer, et ne laissa autre chose queles fragments isolés dont nous avons parlé plus haut, et qui ontété réunis sous le titre de Pensées .
Pascal arriva, le 19 août 1GG2, au terme de ses souffranceset de sa vie. De violentes douleurs de tète, signe d’un épan-chement qui s’opérait dans le cerveau, accompagnées de co-liques , furent les signes avant-coureurs de sa mort. <■ Que