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SAVANTS DU DI.V-SKP'JTKMK SIÈCLE
nouvelle qu’il avait 'eu le honhem’ de découvrir, était le seulavantage qu’il retirât de ses méditations, lesquelles d’ailleursn’étaient pour lui que de simples délassements. 11 lui arrivaitassez souvent, comme on le voit dans sa correspondance, dedemander une copie des recherches contenues dans des lettresprécédemment envoyées par lui :
« En tout cas, dit-il clans une lettre inédite adressée à Mersenne , vousm’obligerez de renvoyer ma démonstration, parce que je n’en ai pointgardé de copie, et comme aussi je serai bien aise qu’il vous plaise m’en-voyer une copie de mon Isagoyc ad locos, de mon Appendix, et De inven-lione langenlium in airvis v l). »
Il parait cependant qu’il laissa publier, de son vivant, quel-ques fragments de ses travaux dans des ouvrages d’autres écri-vains. Une de ses méthodes parut dans le cours de mathéma-tiques d’IIérigane, un écrit de lui sur Synesius parut, à la lindu traité de Castelli sur la mesure des eaux courantes , et lemême opuscule est reproduit dans ses Opéra varia; plusieurslettres de Fermât sur la dioptritjue, qui avaient été adressées àLa Chambre, parurent dans la correspondance de Descartes .
Toutes ces publications s’étaient probablement faites à soninsu, parce que, parmi ses correspondants, il s’en trouvait, detemps en temps, quelqu’un qui laissait trop facilement prendredes copies de ses lettres ou de ses manuscrits. Il est certain quele grand géomètre, loin de chercher une réputation, à laquelleil avait acquis, de bonne heure, les plus incontestables droits,et que tant d’autres désirent ardemment, repoussait, au con-traire, le seul moyen par lequel elle s’obtient: il ne voulaitrien publier sous son nom. Il trouvait du plaisir à méditer,mais il n’aimait pas à rédiger. On voit, dans une de ses lettresà Carcavi, qu’il se proposait d’envoyer à Pascal ses principeset ses démonstrations sur la théorie des nombres, pour quePascal en tirât les conséquences et se chargeât, avec Carcavi,de la rédaction du mémoire.
Quelqu’un ayant, un jour, demandé à Gauss , grand géomètrede notre siècle, pourquoi il tardait tant à publier ses travaux,celui-ci répondit : Proc reare jucundum , sed part ur ire mo-
(1 Libri, Journal des savante, septembre 1839.