488
SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
titude et la nature des travaux dont il s’est le plus occupé. Ilavait appris la géométrie dans Euclide et dans Apollonius ; cesdeux auteurs sont, du moins, en mathématiques, les seuls qu'ilcite dans ses ouvrages.
Il se destinait sans doute à la profession d’ingénieur ou d'ar-chitecte. Peut-être aussi s’était-il préparé pour le génie mili-taire, car on lit, dans deux de ses biographies, qu’il embrassad’abord la profession des armes (1).
Si l’on en croit le P. Colonia (2), Girard Désargues était ledescendant d’une ancienne famille noble, qui s’éteignit avec lui.
On lit dans les Lettres de Descaries et dans la Vie de Des-caries par Baillet, qu’eri 1020 Désargues se faisait distinguer àParis par son mérite personnel, par ses grandes connaissancesen mathématiques et en mécanique. On ajoute qu'il employaitparticulièrement ses soins à soulager les travaux des artistespar la subtilité de ses inventions. Désargues avait alors environtrente-trois ans. A quelle époque était-il arrivé à Paris ? Enquelle qualité s’y trouvait-il? On l’ignore. Descartes , alors âgéde trente ans, et qui, comme Désargues , était entré d’aborddans la carrière militaire, se trouvait, lui aussi, dans la capi-tale de la France , où il méditait de son côté, sur « le moyende perfectionner la mécanique pour abréger et adoucir lestravaux des hommes ». Ces deux géomètres se rencontrèrent,et dès les premiers entretiens qu’ils eurent ensemble, ils com-mencèrent à s’apprécier mutuellement. La conformité d’àge etde goût, l'identité du but que tous deux alors s’étaient pro-posé, et sans doute aussi divers rapports de caractère et deposition, firent naître entre euxuneamitié réciproque, que riendans la suite ne put altérer.
Désargues remplissait, selon M. Poudra, les fonctions d’ingé-nieur et d’architecte auprès du cardinal de Richelieu, qui,ayant été à même d’apprécier ses talents et ses profondes con-naissances en mécanique, l’employa comme ingénieur, pourdiriger les travaux de fortification du siège de La Rochelle . En1628, Descartes , conduit au camp de La Rochelle par le désirde voir les travaux gigantesques qu’on y avait entrepris pour