Buch 
4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
Seite
489
JPEG-Download
 

DESARGUES

480

construire la fameuse digue dont parlent tous les historiens dece temps, y rencontra son ami Désargues , et le sujet de leursentretiens fut certainement ce magnifique travail, auquel avaientconcouru, avec Désargues , plusieurs autres ingénieurs mili-taires. Quant à Désargues , en rapport direct avec Richelieu , ilmettait le cardinal-ministre, par de fréquentes visites dans leschantiers, au courant des progrès de ce grand ouvrage.

Après la prise de La Rochelle , Désargues revint h Paris , et,pour se livrer avec plus de liberté à létude des mathématiques,il quitta le service militaire. Il appartenait sans doute aucorps des ingénieurs de larmée, et il dut donner sa démis-sion pour éviter davoir à séloigner, en temps de guerre, deParis , qui était devenu le centre principal de ses habitudes etde ses relations. Mais il est probable qu'il ne renonça pas auxfonctions darchitecte et dingénieur, quil remplissait au-près du cardinal de Richelieu. Nous sommes dautant plusfondé à le supposer que, longtemps après son retour de La Ro­ chelle , Désargues se trouve encore en assez bons rapportsavec Richelieu , pour que le cardinal soit pour lui dun accèsfacile et continue à lui donner des marques destime. Cestainsi que, dans le temps Descartes était en Hollande, cefut à la sollicitation de Désargues quune pension lui futofferte, à condition quil viendrait se fixer en France . Des­ cartes refusa, mais il nen fut pas moins reconnaissant envers* son ami.

A Paris , Désargues fut du nombre des savants qui formaientle noyau de la future Académie des sciences , et qui se réu-nissaient, les samedis, chez M. Le Pailleur, ou les mardischez Chantereau-Lefèvre, pour discuter sur des questions demathématiques. Ce fut dans ces réunions que Désargues selia avec Gassendi , Bouillaud, Pascal, Roberval, Carcavi et plu-sieurs autres savants de cette époque. Il se distinguait non-seulement par la grande variété de ses connaissances, mais en-core par une rare aptitude à imaginer des applications de laphj-sique et de la géométrie à la mécanique, à la perspective,à larchitecture, à la gnomonique, à la coupe des pierres, ap-plications non moins ingénieuses en théorie quutiles au pointde vue pratique. On lit en tète de sa Perspective, rédigée parAbraham Bosse , un de ses disciples :