CASS1NI
499
chaire, en retint les plus beaux morceaux et les traduisit en■vers latins, ce qui lui valut d’être nommé, dans sa classe ,princedes poètes.
Jean-Dominique passa en rhétorique sous le P. Alberti,jésuite connu par ses ouvrages. AlberG, lui trouvant des dispo-sitions pour la poésie, l’invita à s’exercer dans la versificationlatine. Quelques-unes des poésies latines de Dominique Cassinifurent imprimées avec celles de ses maîtres, et parurent àGènes , dans un recueil, en 1G4G (1).
Dominique Cassini étudia la philosophie et la théologie sousle P. Ghiringuelli. Il soutint publiquement, dans diversesthèses, la doctrine particulière de ses maîtres, notammentcelle du cardinal Lugo. Une fois même, il argumenta très-vive-ment, en présence du cardinal Durazzo, archevêque de Gênes ,pour la défense de ces doctrines.
Ces thèses, ces argumentations publiques, avaient leur genred’utilité : elles faisaient naître et développaient un talent, denos jours trop négligé dans tous nos établissements d’éducationet d’enseignement, celui de l’improvisation. Elles accoutu-maient, de bonne heure, les jeunes gens à s’exprimer sur-le-champ, avec une certaine facilité, en une langue qui, à lavérité, n’était celle d'aucun peuple vivant, mais qui, générale-ment admise par le monde savant, était alors, en quelque sorte,le véhicule au moyen duquel s’effectuait la propagation desidées dans toute l’Europe.
Le jeune Cassini se mit à suivre un cours de mathématiques,au collège des Jésuites. Son esprit, naturellement juste, futfrappé par l’évidence des principes et par la rigueur des dé-monstrations.
« C'est surtout chez l’abbé Doria, dit Cassini, que j’eus l’occasion deme livrer plus librement à cette étude. Ce prélat, ayant entendu parlerde moi, désira m’avoir chez lui, et me conduisit à son abbaye de Saint-Fructuose. Dans cette solitude, j’étudiai les éléments d’Euclide ; et leP. Reineri, Olivétain , ayant publié ses Tables médicées, je me mis à étu-dier le calcul des Tables alpbonsines , rudolphines et autres, dont jem’étais pourvu avant de venir chez l’abbé Doria. J’entrepris aussi, pen-dant mon séjour dans l’abbaye Saint-Fructuose, d’expliquer à NicoleDoria la logique du père Toaldo, qui me parut plus proportionnée à sacapacité que celle d’Aristote qu’on donne dans les écoles. »
(1) IiiOQ\aihie générale , de Didot.