500
SAVANTS DU DIX-SEPTIEME SIECLE
L’étude des mathématiques, les longs calculs, surtout quandon s'y livre avec une trop grande assiduité, peuvent causer uneextrême fatigue, et altérer, dans l’organisme, ce juste équilibred’oii résultent à la fois la santé du corps et la vigueur de l'es-prit. Jean-Dominique tomba malade, ce qui l’obligea d’inter-rompre ses études, et de quitter l’abbaye de Saint-Fructuose,pour aller respirer quelque temps l’air natal à Perinaldo. Maisle séjour qu’il fit dans le comté de Nice ne fut pas de longuedurée. Il y trouva un ami, nommé J.-D. Franchi, neveu duP. Dadiesse, qui l’engageait, par les plus pressantes sollicita-tions, à se rendre auprès de lui.
Franchi possédait, dans le voisinage de Festri di Ponente,une maison, où souvent ils se rendaient ensemble. Là, ils réu-nissaient dans une chapelle tous les religieux des environs, etils s’exercaient, en leur présence, à soutenir des thèses. Cassinis’y occupait aussi à faire des extraits d’ouvrages de théologiede divers auteurs, dont il comparait les doctrines; et le P. Da-diesse lisait ces extraits à ses disciples, dans le couvent desTliéatins. A l’instigation de ce Père, et par déférence pour unedes sœurs, Angela Gabriela, religieuse des Cordelières, le jeuneCassini se chargea de composer, en vers italiens, une tragédiede Saint Alexis, qui devait être représentée dans le couventdes Cordelières. Les religieuses ne se bornèrent pas à jouercette pièce pour elles seules, elles en donnèrent aussi, devantla grille du parloir et avec les costumes dramatiques, une re-présentation, à laquelle assistaient plusieurs personnages dis-tingués. On voit que ces nonnes étaient un peu de l’école desVisitandines.
Cette soirée dramatique leur attira une verte réprimandede la part du prieur de l’ Annunciada, leur directeur, cequi ne les empêcha de prier Cassini de composer encore pourelles une nouvelle tragédie sur Sainte Catherine.
Ses entretiens sur les sciences firent quelque réputation ànotre novice, et lui valurent la connaissance de plusieurs hommesde mérite, entre autres de Marie Imperiali Lercaro. Ce Ler-caro est le même qui, élu doge de Gènes en 1683, fut envoyéavec trois sénateurs, auprès de Louis XIV , au sujet de quel-ques mécontentements que la république de Gènes avait donnésau roi de France , et qui remplit sa mission avec autant de di-
%