CASSINI
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royale cherchaient, avec le même empressement, le momentde causer avec lui, sur l'astronomie. Lorsque le dauphin eutappris de Blondel les principes des mathématiques, Cassinifut invité par Bossuet , à montrer au jeune prince, son élève,les objets les plus remarquables du ciel. En un mot, il y eutalors, à Paris , un engouement extrême pour l’astronome quivenait de passer les monts.
« L’observatoire que le roi faisait construire était élevé au premierétage, dit Cassini, lorsque j’arrivai. Les quatre murailles principalesavaient été dressées exactement aux quatre principales régions dumonde. Mais les trois tours avancées que l’on ajoutait à l’angle orientalet occidental, du côté du midi et au milieu de la face septentrionale,me parurent empêcher l’usage important qu’on aurait pu faire de cesmurailles, en y appliquant quatre grands quarts de cercle, capables, parleur grandeur, de masquer distinctement, non-seulement les minutes,mais mémo les secondes; car j’aurais voulu que le bâtiment même del’observatoire eût été un grand instrument : ce que l’on ne peut pas faireà cause de ces tours, qui. d’ailleurs, étant octogones, n’ont que depetits lianes coupés de portes et fenêtres. C’e^t pourquoi, je proposaid’abord qu’on n’élevât ces tours que jusqu'au second étage, et qu’au-dessus on bâtit une grande salle carrée, avec un corridor découvert toutà l’entour, pour l'usage dont je viens de parler. Je trouvais aussi quec’était une grande incommodité de n’avoir pas, dans l'observatoire, uneseule grande salle d’où l’on pût voir le ciel de tous les côtés, de sortequ’on ne pouvait pas suivre d'un même lieu le cours entier du soleilet des autres astres, d’orient en occident, ni l’observer avec le mêmeinstrument sans le transporter d’une tour à l’autre. Une grande salleme paraissait encore nécessaire pour avoir la commodité d’y faire entrerle soleil par un trou et de pouvoir faire sur le plancher la descriptiondu chemin journalier de l’ima.-.e du soleil. Ce qui devait servir, non-seulement d’un cadran vaste et exact, mais aussi pour observer lesvariations que les réfractions peuvent causer aux différentes heures dujour, et celles qui ont eu lieu dans le mouvent annuel. Mais ceux quiavaient travaillé au dessein de l'observatoire opinaient de l’exécuter con-formément au premier plan qui en avait été proposé, et ce fut en vainque je lis mes représentations à cet égard et bien d’autres encore. M. deColbert vint même inutilement à l’observatoire pour appuyer monprojet (1). »
On continua donc de suivre les premiers plans : les tourset la grande salle furent élevées à la même hauteur. Uneouverture, ou petite fenêtre qui donnait au haut de la grandesalle, fut laissée au milieu de la façade méridionale, et l’onprojeta de tirer sur le pavé, non-seulement une ligne méri-
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