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SAVANTS I)U DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
dienne, mais, en outre, des lignes horaires. On proposa decouvrir la grande salle, d’une plate-forme très-solide, et d’éle-ver sur cette plate-forme, un pavillon carré et isolé, pour servirà l’usage proposé par Cassini. On décida que la tour septen-trionale serait, non octogone, comme on l’avait d’abord projeté,mais carrée, pour présenter une face plus grande au nord.Cassini proposa de terminer, en haut, cette tour septentrionalepar une salle pourvue de deux fenêtres : l’une orientale, l’autreoccidentale, et une porte méridionale. Le toit de cette salledevait être percé d’une ouverture ronde, couverte d’une plaquede cuivre, servant à l’ouvrir ou à la fermer à volonté, ce quipermettait de se mettre à l’abri du vent, lorsqu’on voulait fairedes observations au zénith. Cette salle prit, plus tard, le nomd % petit observatoire.
La tour orientale fut laissée entièrement découverte. Danssa façade septentrionale, on pratiqua une longue fente, le longde laquelle on plaça, à diverses hauteurs, de grandes lunettes.Ce fut au moyen de ces lunettes, que le plus petit satellite deSaturne fut découvert. On couvrit la grande salle méridienned’une voûte un peu plus élevée que celle de la tour occidentale,et au-dessus de celle-ci, on laissa un espace, creux, propre àrecevoir un grand hémisphère concave, qui devait servir à ob-server le cours journalier du soleil, au moyen de l’ombre d’uneboule élevée au centre.
Toutes les voûtes de l’Observatoire furent percées, dans lemême axe, d’un trou circulaire. Ce trou répondait à un puitscontenant un escalier spiral, qui descendait jusqu’au fond descaves 'de l’édifice, dont les fondements ont une profondeurégale à son élévation au-dessus du sol. On pouvait, du rez-de-chaussée, apercevoir le ciel, à travers les voûtes percées de parten part. Ce puits était comme un grand instrument au moyenduquel on pouvait observer les étoiles fixes aux environs duzénit. Il servait aussi à mesurer les temps de la chute descorps, qu’on laissait tomber des divers étages. Dans ces caves,on établit de grands thermomètres à eau, dont on observaitles variations, à divers moments de chaque jour.
Les thermomètres établis dans les caves de l’Observatoireont servi à prouver qu’à cette profondeur, la température n’é-prouve pas de variation sensible, depuis les plus grandes cha-