CASSINI 521
dule, qui bat les secondes à Cayenne , est plus court d’une ligneet un quart que le même pendule quand il les bat à Paris .
C'était Cassini qui avait donné l’impulsion à tous ces tra-vaux. ; ce fut à son instigation que ces voyages furent en-trepris.
Cassini observa plusieurs comètes. Il osa, après une seuleobservation, si l’on en croit Fontenelle, prédire au roi, en pré-sence de toute la cour, que celle qui paraissait en 1680, sui-vrait la même route qu’avait suivie une autre comète obser-vée par Ticho-Bralié ! “ C’était, dit Delambre, une grandeimprudence. » Nous sommes d’autant plus de cet avis, que, denos jours encore, on ne peut rien prédire sur les comètes, quandelles ne sont pas reconnues positivement périodiques.
En 1684, il mit la dernière main au Monde de Saturne, eten 1693, il donna de nouvelles tables des satellites de Jupiter,plus exactes que celles de 1668.
Nous ne parlons point de son Traité de l'origine et du pro-grès de Vastronomie, parce que les limites dans lesquelles nousdevons nous renfermer, ne nous permettraient point d’entre-prendre ici l’analyse d’un travail de pure érudition. Delambre,toujours impitoyable pour Cassini, ne voit dans cet ouvrage queles défauts qui peuvent s’y trouver.
Cassini fut naturalisé français en 1673.
En 1695, il fit. un voyage en Italie . Il amenait avec lui lefils qui lui restait; l’autre venait d’être tué •< dans un combatcontre un vaisseau anglais , qui fut pris à l’abordage », dit Fon-tenelle. Il ne manqua pas d’aller revoir sa chère méridienne deSainte-Pétrone. La voûte qui recevait le soleil s’était abaissée,et l’ouverture par laquelle entraient les rayons n’était plusdans la vraie perpendiculaire. Cette méridienne était son pre-mier ouvrage et le seul qu’il laissât en Italie ; il donna donctoutes les instructions nécessaires pour sa réparation et sa con-servation.
Cassini était d’une constitution très-saine et très-robuste.Quoique les fréquentes veilles, nécessaires pour l’observationdu ciel, soient très-fatigantes, il n'avait jamais éprouvé une seuleinfirmité. Son esprit était semblable à sa constitution physique.Il avait l’âme égale, tranquille, « exempte, dit Fontenelle, deces vaines inquiétudes et de ces agitations insensées qui sont les