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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
plus douloureuses et les plus incurables de toutes les mala-dies. » Un grand fonds de religion, et la contemplation habi-tuelle du ciel, aidaient beaucoup à ce calme perpétuel.
« Non-seulement, dit Fontenelle, une certaine circonspection assezordinaire à ceux de son pays, mais sa modestie naturelle et sincère, luiauraient fait pardonner ses talents et sa réputation parmi les esprits lesplus jaloux. On sentait en lui cette candeur et cette simplicité que l’onaime tant dans les grands hommes, et qui cependant y sont plus com-munes que chez les autres. Il communiquait sans peine ses découverteset ses vues, au hasard de se les voir enlever, et désirait plus qu’elles ser-vissent au progrès de la science qu’à sa propre gloire. Il faisait part deses connaissances, non pas pour les étaler, mais pour en faire part.
Dans les dernières années de sa vie, Cassini éprouva, parun résultat des mêmes causes, le malheur qui avait affligéGalilée , et qui, cent ans plus tard, frappa aussi Messier : il per-dit la vue.
Cassini mourut le 14 septembre 1712, à l’âge de quatre-vingt-sept ans. Il fut enterré dans l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas.
La maison où il est né, à Perinaldo, district de San Remo ,près de Vintimiglia, à quelques kilomètres de la frontièrede France , existe encore. Elle est l’objet de la curiosité destouristes qui vont passer l'hiver sur les bords de la Méditer-ranée. De grands personnages, des savants, des écrivains,vont religieusement visiter cette demeure. Les héritiers deCassini ont respecté tous les objets qui rappelaient son souve-nir : les meubles, les instruments, les livres, qui ont servi aumaître. La maison est habitée aujourd’hui par un membre dela famille, le général Maraidi, qui a hérité du manoir de Cas-sini, et qui en fait les honneurs à ceux qui viennent saluer lesreliques de son aïeul.
FIN DES SAVANTS DU DIX-SErTIÈME SIÈCLE