VI
NOTICE
On possédait donc déjà une grande masse de documents sur lagéologie de la France ; mais il était impossible d’en tirer une des-cription géologique générale du royaume, et de tracer une cartegéologique avec la précision que l’on exige aujourd’hui. On conçoitque ces publications, ayant eu Heu à des époques plus ou moins re-culées , se ressentent nécessairement de l’état où se trouvait alors lascience. Des terrains qu’on rapportait alors à un certain étage géo-logique sont aujourd’hui reconnus comme appartenant à un autre,souvent très-différent; dans d’autres cas, des terrains très-étendus etd’une grande puissance étaient décrits en masse, sans aucune dis-tinction des différentes formations qu’on y a reconnues depuis. Ainsides calcaires, antérieurement reconnus comme calcaires primitifs,et que j’avais moi-même regardés, en 1807, comme des calcairesde transition, opinion qui avait été alors adoptée, sont aujourd’huirapportés, avec toute certitude, au calcaire jurassique, quelques-unsmême au terrain de craie : le calcaire jurassique n’a été partagéen plusieurs étages que depuis environ quinze ou vingt ans. Il étaitdonc nécessaire de vérifier les observations déjà faites dans diverscantons, et de visiter ceux qui n’avaient pas encore été décrits, pourparvenir à tracer une carte géologique de la France .
Dans le corps des mines , on avait constamment en vue l’utilitéde cette entreprise; mais il fallait que le Gouvernement pût four-nir les moyens d’exécution. Ayant été chargé, dès l’année 1802, deprofesser la géologie à l’École des mines, j’ai fixé constamment mesidées sur cet objet, et je me suis fait un devoir et un honneur dechercher les meilleurs moyens de réaliser enfin ce grand travail.En 181 x, je présentai au directeur général des mines un projetd’exécution de la carte géologique; mais le Gouvernement était alorstrop préoccupé par de grandes vues politiques, et ce projet ne putavoir alors aucune suite, ni dans les années suivantes. En 1822,l’occasion parut plus favorable: M. Greenough venait de publiersa belle carte géologique de l’Angleterre, et il en avait offert unexemplaire à l’administration des mines. M. Becquey, alors direc-