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CHAPITRE PREMIER.
« Alors elle s’est vue forcée d’emprunter le secours de la géographie ;« mais cette dernière science était trop peu avancée lorsqu’on s’aperçut« qu’elle pouvait être utile à la minéralogie. Les minéralogistes eurent l’a-« vantage de faire connaître aux géographes qu’ils pouvaient étendre con-« sidérablement la sphère de leur science, et quelle devait présenter le«physique comme le politique de notre planète. Ces deux sciences, ainsi« réunies, devaient donner naissance à une troisième science, la minéralogie« géographique. »
En effet, la géographie, telle quelle est ordinairement présentée dans lesouvrages les plus estimés, considère la surface du globe d’une manièrepurement extérieure; elle s’occupe des formes de cette surface, des po-pulations qui l’habitent, des constructions, des richesses de tout genreaccumulées par elles, des industries et des arts qu’elles ont créés, quifournissent à leurs besoins et anoblissent leur existence. Elle considèreégalement la distribution de ces populations en nations, en empires, enprovinces, mais quelquefois sans remarquer assez que leurs limites primi-tives ont presque toujours été en rapport avec les formes et la naturedu sol.
La géographie physique, négligeant en grande partie ce qui est relatifaux hommes, à leurs industries, à leurs divisions, concentre son attentionsur les formes de la surface, sur les faits hydrographiques, météorolo-giques, climatologiques, auxquels ces formes donnent naissance; sur lesconséquences que ces faits entraînent relativement à la distribution na-turelle des animaux et des végétaux : mais presque jamais elle ne cherche àpénétrer au-dessous de la terre végétale.
Cette limite, que la géographie a rarement franchie, n’est pas déterminéepar la nature des choses; elle empêche même de saisir un grand nombrede rapports remarquables. Si les géographes se sont imposé cette limite,on doit l’attribuer en grande partie au défaut de données suffisantes, etpeut-être, aussi, à la fausse idée que la composition de l’écorce terrestreprésente de très-nombreux accidents, dont la multiplicité viendrait encoreajouter à la complication, déjà trop grande, du relief de la surface.
L’étude de la constitution de l’écorce du globe terrestre, réduite à laconsidération des masses principales et véritablement importantes, nousla présente, au contraire, comme composée de pièces d’une assez grande