Band 
Tome premier.
Seite
4
JPEG-Download
 

4

CHAPITRE PREMIER.

« Alors elle sest vue forcée demprunter le secours de la géographie ;« mais cette dernière science était trop peu avancée lorsquon saperçut« quelle pouvait être utile à la minéralogie. Les minéralogistes eurent la-« vantage de faire connaître aux géographes quils pouvaient étendre con-« sidérablement la sphère de leur science, et quelle devait présenter le«physique comme le politique de notre planète. Ces deux sciences, ainsi« réunies, devaient donner naissance à une troisième science, la minéralogie« géographique. »

En effet, la géographie, telle quelle est ordinairement présentée dans lesouvrages les plus estimés, considère la surface du globe dune manièrepurement extérieure; elle soccupe des formes de cette surface, des po-pulations qui lhabitent, des constructions, des richesses de tout genreaccumulées par elles, des industries et des arts quelles ont créés, quifournissent à leurs besoins et anoblissent leur existence. Elle considèreégalement la distribution de ces populations en nations, en empires, enprovinces, mais quelquefois sans remarquer assez que leurs limites primi-tives ont presque toujours été en rapport avec les formes et la naturedu sol.

La géographie physique, négligeant en grande partie ce qui est relatifaux hommes, à leurs industries, à leurs divisions, concentre son attentionsur les formes de la surface, sur les faits hydrographiques, météorolo-giques, climatologiques, auxquels ces formes donnent naissance; sur lesconséquences que ces faits entraînent relativement à la distribution na-turelle des animaux et des végétaux : mais presque jamais elle ne cherche àpénétrer au-dessous de la terre végétale.

Cette limite, que la géographie a rarement franchie, nest pas déterminéepar la nature des choses; elle empêche même de saisir un grand nombrede rapports remarquables. Si les géographes se sont imposé cette limite,on doit lattribuer en grande partie au défaut de données suffisantes, etpeut-être, aussi, à la fausse idée que la composition de lécorce terrestreprésente de très-nombreux accidents, dont la multiplicité viendrait encoreajouter à la complication, déjà trop grande, du relief de la surface.

Létude de la constitution de lécorce du globe terrestre, réduite à laconsidération des masses principales et véritablement importantes, nousla présente, au contraire, comme composée de pièces dune assez grande