INTRODUCTION. ü
étendue, dont chacune offre un certain degré d’homogénéité. Cette véritéest même acquise à la science depuis longtemps, et a été très-bien expriméepar Monnet dans les premières pages de l’ouvrage déjà cité.
«Le mot pays, dans le langage des naturalistes, dit-il dans une note, est« très-significatif, et présente à l’esprit une tout autre idée que celle qu on" y attache dans le langage ordinaire. Il désigne un ordre tout particulier« de terrain dans une certaine étendue. On se tromperait fort si on croyait« que tout est confondu dans notre globe, et cette manière de s’exprimer« qu’ont adoptée les naturalistes prouve le contraire. Ceux qui voyageront« en naturalistes verront qu’il est tout à fait dans l’ordre de dire : pays à« craie , pays à marbre, pays à ardoise, etc.; car ils verront que, pendant telle« ou telle étendue, le fond du terrain est formé de telle ou telle matière,
“ et que, s’il y a quelque variété pendant une certaine étendue , ou quelque«matière particulière, le fond du terrain est caractérisé constamment par« l’une ou l’autre des matières minérales qui y est prédominante. »
Les contours de chacun de ces pays, d’une composition spéciale, sontordinairement assez faciles à saisir, parce que chacune des matières miné-rales qui constituent les différents compartiments de l’écorce terrestre im-prime généralement à la partie correspondante de la surface des caractèresparticuliers : d’où il résulte que leurs limites respectives se décèlent exté-rieurement par des circonstances plus ou moins frappantes, que l’œil saisitavec facilité dès que l’esprit en est prévenu.
Un premier coup d’œil jeté sur la carte géologique de la France fait voirqu en effet il existe souvent des rapports extrêmement marqués entre lesformes extérieures du sol et sa composition intérieure.
L immense quantité de vallees et de petits ruisseaux qui sillonnent danstoutes les directions les montagnes granitiques du Limousin et de l’Au vergne se reproduisent dans la partie de la Vendée , de la Bretagne et desVosges , dont le sol appartient aux terrains cristallisés. Cette disposition estSl prononcée, qu’on peut tracer approximativement les limites de ces ter-rains P a r la seule considération des cours d’eau.
Cette considération des cours d’eau et des vallées qu’ils occupent estore un guide presque certain pour distinguer les contrées dont le solest ormé, p ar l es divers terrains de sédiment. En effet, l’on voit que dansepartements de la Dordogne , du Lot , de l’Aveyron et du Tarn , ou le