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Tome premier.
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CHAPITRE PREMIER.

«terrain : le résultat de ces voyages fut le même que celui qui suivit les« courses que j’avais faites dans le Poitou; ils me parurent établir de plus en« plus l’idée où j’étais.

« De retour de Normandie , je partis peu après pour le Nivernais : il était« nécessaire de voir si je trouverais, sur la gauche de la ligne que j’avais suivie« en allant en Bas-Poitou, ce qui s’était présenté sur la droite de cette ligne ;« cette uniformité fut telle, que je prévoyais la nature du terrain où j’allais« entrer par celle que je quittais, et cela lorsque je me trouvais à peu près« à une même distance de Paris où sont les endroits que j’avais vus dans« les autres provinces. »

Ainsi Guettard entrevoyait, dès i 746, que les differents terrains dont secompose le sol de la France septentrionale forment de grandes bandescontinues disposées, par rapport à Paris , d’une manière concentrique ; lacarte qui accompagne son mémoire figure cette disposition d’une manièreque les recherches ultérieures ont pleinement confirmée, et dont on retrou-vera le fond dans notre travail. Guettard sentait, en outre, que des limitesnaturelles, mais toutes superficielles, telles que l’interposition d’une merétroite et peu profonde , ne devaient pas interrompre des traits si profondé-ment imprimés dans la charpente de la terre ; aussi ajoute-t-il immédiate-ment après :

« Une des premières idées qui me vint après tout ce travail fut de m’as-« surer si l’Angleterre était semblable à ce dernier royaume (la France ) en« tout ou en partie : j’y étais conduit par les connaissances générales et« confuses que j’avais déjà; je savais que la Cornouaille était fameuse par« ses mines d’étain, que plusieurs endroits de cette province et de quel-« ques autres fournissaient beaucoup de charbon de terre : ceci me fit donc« penser que, la Cornouaille étant dans l’alignement de la Basse-Normandie ,« il pouvait bien se faire qu’il y eût une uniformité entre ces deux pro-« vinces, et qu’elle pourrait même se trouver dans le reste entre la France « et l’Angleterre. Je cherchai donc à constater cette idée par la lecture de« quelques morceaux qui traitassent de celte matière : celle que je fis des ou-« vrages de Childray et de Gérard Boat sur l’histoire naturelle d’Angleterre«et d’Irlande me prouva ma conjecture, et je reconnus que, s’il y avait« de la différence, elle n’était pas considérable, et que la plus grande venait« de celle qu’il y a dans l’étendue en largeur de ces deux royaumes. »