24 CHAPITRE PREMIER.
exactement contraires : l’un est en creux et attractif; l’autre, en relief, estrépulsif.
Le pôle en creux vers lequel tout converge, c’est Paris , centre de popu-lation et de civilisation. Le Cantal , placé vers le centre de la partie méri-dionale, représente assez bien le pôle saillant et répulsif. Tout semble fuiren divergeant de ce centre élevé, qui ne reçoit du ciel qui le surmonte quela neige qui le couvre pendant plusieurs mois de l’année. Il domine tout cequi l’entoure, et ses vallées divergentes versent les eaux dans toutes lesdirections. Les routes s’en échappent en rayonnant comme les rivières quiy prennent leurs sources. Il repousse jusqu’à ses habitants qui, pendantune partie de l’année, émigrent vers des climats moins sévères.
L’un de nos deux pôles est devenu la capitale de la France et du mondecivilisé, l’autre est resté un pays pauvre et presque désert. Comme Athènes et Sparte dans la Grèce , l’un réunit autour de lui les richesses de la nature,de l’industrie et de la pensée; l’autre, fier et sauvage, au milieu de son âprecortège, est resté le centre des vertus simples et antiques, et, fécond malgrésa pauvreté, il renouvelle sans cesse la population des plaines par des es-saims vigoureux et fortement empreints de notre ancien caractère national.
La structure de la plus méridionale des deux parties de territoire quenous venons d’opposer l’une à l’autre se dessine par des traits qui doiventfrapper bien plus, au premier abord, que ceux de la partie septentrionale,puisque ces traits sont les montagnes les plus élevées de l’intérieur de laFrance . Cependant, lorsqu’on y regarde de plus près, la structure en formede bassin de la partie septentrionale se dessine, de son côté, avec une nettetétoute particulière, au moins dans sa partie orientale.