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CHAPITRE PREMIER.
le montrerons bientôt, n’a pas de frontières nettement déterminées, rien,de ce côté, ne limite complètement l’influence de Paris , et cette grandeville se trouve être, de fait, la capitale intellectuelle de vastes contrées quis’étendent au loin vers le nord-est. Paris, placé vers le nord de la France ,se trouve, autant que possible, au centre de son influence morale, qui estbien plus grande à Bérlin quelle ne l’est au delà des Pyrénées .
Beaucoup d’autres circonstances, dans la structure de la France , setrouvent en harmonie, d’une manière singulière, avec les destinées de seshabitants, qui, bien analysées, en dérivent peut-être en grande partie.
La France présente sur une partie, mais sur une partie seulement, deson contour, des limites aussi naturelles que l’Espagne et l’Italie .
D’abord, la mer, de Dunkerque à Bayonne et de Port-Vendre à Antibes .
Entre les deux mers, les Pyrénées forment une barrière qui, couverte deglaces et de neiges une grande partie de l’année, est bien plus difficile àfranchir que ne le serait une mer, et interrompent plus complètement lescommunications des hommes et même celles du climat.
Les Alpes , entre la Méditerranée et le lac de Genève, présentent une bar-rière analogue, quoique beaucoup plus large et, par suite, moins bien dé-finie. Entre le lac de Genève et le Rhin, le Jura , malgré sa position oblique,offre quelque chose de semblable.
Ce n’est qu’entre le Jura et la mer du Nord qu’il n’y a réellement plusde limites naturelles.
Sur la carte, le Rhin en présente l’apparence; et ne pas lui accorder ceprivilège à 1 égal des Alpes et des Pyrénées , c’est presque choquer un pré-jugé national. Mais ce préjugé ne survivra pas aux circonstances qui fontaujourd’hui, du Rhin, la position militaire la plus importante de l’Europe .Il s’effacera de lui-même lorsqu’une civilisation plus intelligente aura sus’affranchir de la triste nécessité d’employer quelquefois comme obstaclesles plus heureuses dispositions de la nature.
Le Rhin, fleuve navigable, est destiné, comme la Seine elle-même, àréunir les populations qui couvrent ses rives bien plutôt qu’à les diviser.Par la navigation à la vapeur et les ponts en fil de fer, le Rhin deviendrade plus en plus un moyen d’union. La belle plaine qui s’étend de Bâle àMayence sur les deux rives de ce fleuve, entre les Vosges et la Forêt-Noire , forme une région des plus naturelles ; et faire une frontière poli-