INTRODUCTION.
tique du Rhin , qui la traverse dans sa longueur, cest évidemment dce que la nature avait uni.
Les Vosges et la Forêt-Noire, qui.limitent naturellement cette piame,fournissent pour la France deux barrières entre lesquelles on pourrahésiter, mais dont aucune n’est assez élevée pour se faire respecter d ellemême comme les Alpes et les Pyrénées .
Depuis les Vosges ou la Forêt-Noire jusqu’à la mer du Nord, on ne peutlimiter la France que par une ligne arbitraire qui, de quelque manièrequ’on la tire , coupe des régions naturelles; le Rhin lui-même, de Bmgen aCologne , sépare violemment en deux une région de roches schisteuses quisemblait destinée par la nature à rester toujours un tout unique.
La position qu’occupe, par rapport au cantonnement des populationseuropéennes, la partie incertaine de nos frontières, mérite peut-être quelqueattention. Les limites les mieux arrêtées de la France , celles de sa partieméridionale, la séparent des nations qui ont le plus de rapports naturelsavec elle , à cause de l’origine latine ou celtique de leur civilisation etde leurs langues; et peut-être que, si ces barrières n’eussent pas existé, lesFrançais, les Espagnols et les Italiens ne formeraient qu’une seule nation.Au contraire, les parties où les limites naturelles de la France sont les plusvagues sont celles où elle confine avec les peuples d’origine germanique, dontle contraste avec nous remonte à leurs anciennes migrations, bien plus qu’ilne dépend du territoire qu’ils habitent aujourd’hui. Cette disposition de sonsol, par rapport à celui des nations voisines, rend la France essentielle-ment propre à jouer parmi elles le rôle principal, à une époque où l’un despremiers besoins delà civilisation est d’effacer les barrières qui séparent lesnations germaniques et latines, et de fondre en une seule nation européenneles races de Japhet et de Sem qui se partagent le territoire de l’Europe .
Les belles voies de communication établies, sous l’empire, à travers lagrande barrière Alpine, tendent sans doute à atténuer l’effet de cette limitenaturelle ; mais le vainqueur des Pyramides et de la Moskowa a surtoutmarqué son passage à travers l’Europe par le renversement des obstaclessurannés qui, à défaut de limites naturelles, séparaient les nations. Leffetproduit par ses victoires a bien plus effacé nos frontières artificielles dunord-est que la création des routes admirables du Simplon et du Mont Cemsna aplani celles du sud-est; aussi, depuis lui, la France a fait corps par esmœurs avec toute la population allemande.