Band 
Tome premier.
Seite
30
JPEG-Download
 

30

CHAPITRE PREMIER.

Mais, pour être apte à jouer complètement le rôle qui paraît lui êtredévolu dans cette période de fusion générale , il était surtout important quela France présentât déjà elle-même une population devenue homogène,quoique formée par la fusion d’éléments analogues à ceux dont elle sembleappelée à devenir le centre de réunion.

Or elle offre à la fois cet avantage par la diversité des races dont sa po-pulation s’est formée et par la disposition particulière que son territoireprésente pour les fondre et les rendre uniformes.

La France , malgré la variété que présente son sol, ou plutôt à cause dela manière dont sont disposés les éléments de cette variété , est un des paysde la terre dont la population est le plus naturellement homogène ou, dumoins, le mieux reliée dans toutes ses parties.

La disposition du terrain, dont ce qui précède donne déjà un aperçu, yatiénue, autant que possible, la diversité des climats; et, si la France doità la forme de son territoire certains désavantages, elle lui doit, d’un autrecôté, des avantages marqués que nous allons essayer de faire sentir.

La France , dans ses limites naturelles, autant du moins qu’elle en pos-sède , approche de la forme d’un carré dont les côtés seraient orientés sui-vant les parallèles et les méridiens. Sa partie méridionale surtout est bienencadrée dans cette forme. De Bayonne à Antibes, la ligne des Pyrénées etdes rivages de la Méditerranée lui offre une limite dirigée à peu près del’est à l’ouest. Les rivages du golfe de Gascogne et la ligne des Alpes et duJura lui donnent, à l’est et à l’ouest, deux limites presque nord-sud. Ceslimites régulières ne s’effacent que vers le nord , où la pointe basse de laBretagne semble aller se perdre dans les Ilots de l’Océan, et où la naturea laissé indéterminée la limite de la France du côté de la Belgique .

La Erance, dans sa partie septentrionale, s’associe même complètementaux parties adjacentes de l’Europe. Les montagnes de grès des Vosges secontinuent dans la Bavière rhénane jusqu’au pied du Mont-Tonnerre ; lesplateaux calcaires du département de la Moselle se prolongent dans leLuxembourg; l’Ardenne française fait corps avec l’Ardenne belge ; laFlandre française se confond, par la nature de son sol comme par le langagede ses habitants, avec les pays flamands, et fait déjà partie des Pays-Bas .La France et l’Angleterre présentent, le long de la Manche, ainsi que l’avaitsi justement remarque Guettard , des côtes dont les diverses parties se cor-respondent réciproquement comme les deux rives d’un fleuve ; et la saillie