Serpentines.
190 CHAPITRE III.
le moulin Chadeau, sur les bords du petit Lay, et ceux du port Saint-Père,près du lac de Grand-Lieu, sont également postérieurs au terrain de schistemicacé. Au port Saint-Père, la roche amphibolique forme une proémi-nence, sur laquelle sont placés les moulins construits à la porte de cetteville. Elle est schisteuse ; mais la direction de ses lits n’est pas parallèle àcelle du schiste micacé, qui est O. 2 5 ° S., E. 2 5 ° N. Elle est composéepresque exclusivement d’amphibole; elle contient de l’asbeste et des cristauxde grenats. Souvent les amas d’amphibolithe sont formés de la réunion d’unemultitude de petits cristaux d’amphibole et d’albite, qui se croisent danstous les sens. Nous présumons que ces roches ont été épanchées à la mêmeépoque que les amphibolithes de la Bretagne ; mais cependant nous ne pos-sédons aucune observation assez positive pour en déterminer l’âge. Il doitêtre fort moderne, attendu que, dans les environs de Niort , le calcaire juras-sique, partout en couches horizontales, est dérangé au contact d’un amasde roches amphibohques.
Les serpentines, abondantes dans les montagnes anciennes du centre dela France , font une simple apparition dans la Vendée , et paraissent n’exis-ter ni dans la Bretagne , ni dans la Normandie . M. Fournel 1 en cite unebande sur la rive gauche du grand Lay, qui, prolongée vers le S. E., iraitrencontrer les gîtes de serpentine de la Haute-Vienne , de la Corrèze et del’Aveyron , décrits par M. Cordier 2 dès 1807 et par M. Allou en 1827 3 .Cette serpentine, mal caractérisée, passe souvent à un quartz verdâtre mé-langé de serpentine, et même à un porphyre quartzifère. Nous avons vuplusieurs gisements de serpentine près du lac de Grand-Lieu, notammentà Bouaye, à Passaÿ, sur le côté E. du lac, et au Landa, à une lieue à l’E. dece dernier point. Il n’existe aucune liaison apparente entre ces différentsamas : il est néanmoins probable qu’ils communiquent entre eux. Dans lesdeux dernières localités, la serpentine sort au milieu des alluvions qui re-couvrent cette plaine basse; mais, à Bouaye, elle forme un petit monticuleisolé au milieu du gneiss. Cette roche, sur laquelle est bâti le prieuré, pré-
1 Élude des gîtes ho utile rs, etc., du Bocage ven-déen, pag. 25.
! Notice sur la •carrière de seipentine de Calais {Lot), par M. Cordier, inspecteur général desmines. (Journal des mines, t. XXII, pag. 5i.)
Sur la carrière de serpentine de la Roche-Abeille, par M. Allou, ingénieur en chef de*mines. {Annales des mines, 1 ” série, tome ILpag. 33g.)